Kevin Bissett Kevin Bissett / La Presse Canadienne

POINT LEPREAU, N.-B. — Le ministre de l’Énergie du Nouveau-Brunswick aimerait bien qu’un autre réacteur nucléaire soit un jour construit dans la province.

Rick Doucet a déclaré lundi que le développement au Nouveau-Brunswick de petits réacteurs modulaires pourrait représenter une occasion économique pour la province, mais aussi une possibilité importante d’exportation.

«Le Canada et le Nouveau-Brunswick ont la possibilité de devenir des chefs de file mondiaux de cette technologie (modulaire) et d’offrir dans ce contexte mondial de changements climatiques une source d’énergie propre, nouvelle et fiable, à très faibles émissions de carbone», a déclaré le ministre du Développement de l’énergie et des ressources.

L’entreprise américaine Advanced Reactor Concepts a annoncé qu’elle investira 5M$ dans des activités et dans la recherche au Nouveau-Brunswick, et qu’elle établira un bureau à Saint-Jean.

«À long terme, nous voulons construire à la centrale nucléaire de Point Lepreau une centrale de démonstration commerciale de petit réacteur modulaire», a indiqué le ministre Doucet. «La construction d’un petit réacteur modulaire serait une initiative majeure, qui verrait l’embauche de milliers de travailleurs pour la construction.»

L’entreprise Advanced Reactor Concepts veut construire de petits réacteurs de 100 mégawatts, qu’elle qualifie de très sûrs. Un prototype a fonctionné pendant 30 ans aux États-Unis, mais cette technologie n’a jamais été développée commercialement.

«Nous prévoyons démontrer que les dispositifs de sécurité inhérents à notre réacteur favorisent une conception simple et rentable, ce qui lui permettra d’être concurrentiel par rapport aux autres formes de production d’électricité, et ce, tout en protégeant notre environnement et en nous conformant aux règlements en matière de contrôle des exportations du Canada et des États-Unis», a soutenu lundi le président et chef de la direction d’Advanced Reactor Concepts, Don Wolf.

Refroidi au sodium
Le réacteur ARC-100 utilise une technologie qui, selon M. Wolf, ne nécessite pas les mesures de sécurité coûteuses requises par d’autres réacteurs nucléaires. «Le combustible n’est pas un oxyde d’uranium, mais un métal. La combinaison du sodium comme liquide de refroidissement (plutôt que de l’eau), d’un combustible métallique et du noyau du réacteur ARC, un concept breveté, lui confère une sécurité intrinsèque», a déclaré M. Wolf.

Gaëtan Thomas, président-directeur général de la société d’État Énergie NB, a estimé lundi que de tels réacteurs peuvent être rentables. «Quand vous mettez tous ces facteurs ensemble, c’est une solution idéale pour l’avenir», a-t-il soutenu.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a récemment annoncé qu’il dépenserait 10M$ pour créer un groupe de recherche nucléaire. La centrale de Point Lepreau, avec son réacteur Candu-6 de 660 mégawatts, est la seule centrale nucléaire du Canada atlantique. Elle a subi une cure de jouvence de 2,4G$ de 2008 à 2012, mais sa remise à neuf a connu de nombreux retards et des dépassements de coûts importants.

M. Wolf a soutenu lundi que son entreprise pourrait commencer à construire des réacteurs ARC-100 dès 2030 — et le Nouveau-Brunswick serait un endroit idéal pour le faire, a-t-il dit. «Je pense que vous avez ici une situation idéale en ce qui concerne la main-d’oeuvre qualifiée, l’enthousiasme face à l’énergie nucléaire et tous les ingrédients pour que ce soit un centre d’exportation mondiale», a-t-il déclaré. «Il n’y a pas de raisons pour qu’on fabrique ailleurs.»

Robert Blakely, un directeur au sein des Syndicats des métiers de la construction du Canada, a qualifié l’annonce de lundi d’importante. Même si on ne verra pas de pelletées de terre dans un proche avenir, cela donne de l’espoir pour les années futures, a-t-il soutenu. «Cela donne l’occasion d’amener les jeunes du Nouveau-Brunswick à se tourner vers des métiers spécialisés, hautement qualifiés, bien rémunérés et enrichissants.»

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!