Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

BOUCTOUCHE, N.-B. — Les premiers ministres des provinces et territoires, qui participaient mercredi à une rencontre avec des organisations autochtones au Nouveau-Brunswick, ont parcouru peu de chemin vers des initiatives concrètes compte tenu de l’absence de plusieurs groupes autochtones importants à la réunion, pour la deuxième année de suite.

Les dirigeants de l’Assemblée des Premières Nations, de l’Inuit Tapiriit Kanatami et du Ralliement national des Métis ont refusé l’invitation du Conseil de la fédération visant à s’entretenir avec les premiers ministres.

Le chef national du Congrès des peuples autochtones, Robert Bertrand, qui représente les personnes autochtones vivant à l’extérieur des réserves, et la présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada, Francyne Joe, ont tout de même participé à la rencontre.

La réunion, qui avait lieu au Pays de la Sagouine, à Bouctouche, s’est attardée aux partenariats économiques et aux soins prodigués aux enfants autochtones, a indiqué le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

«Je crois que la présence du CPA et de l’Association des femmes autochtones ici était bénéfique. Je crois que les présentations étaient excellentes et j’estime que cela aurait été encore mieux aujourd’hui si on avait pu compter sur la présence des trois autres organisations», a dit M. Gallant.

Avant la rencontre, le premier ministre des Territoires du Nord-Ouest, Bob McLeod, avait affirmé que le temps était peut-être venu d’envisager d’autres options dans le but d’attirer plus de groupes à la table.

«Je proposerai que nous nous penchions de nouveau là-dessus et que nous trouvions une meilleure façon, et je crois que nous pouvons y arriver», a-t-il indiqué.

M. Gallant a affirmé qu’il y aurait probablement des discussions au cours des prochains jours sur une solution de rechange pour satisfaire d’autres groupes autochtones.

Trois premiers ministres n’étaient pas présents à la rencontre de mercredi: Doug Ford, de l’Ontario, John Horgan, de la Colombie-Britannique, et Stephen McNeil, de la Nouvelle-Écosse.

La rencontre avec les Premières Nations a eu lieu avant que les premiers ministres ne se dirigent vers St. Andrews, également au Nouveau-Brunswick, pour discuter d’un éventail de sujets jeudi et vendredi.

M. Bertrand a tout de même estimé que l’exercice avec les premiers ministres en valait la peine.

«Nous ne mettons pas nécessairement une organisation en opposition à une autre. Nous travaillons tous à améliorer la vie de nos commettants, que ce soit sur une réserve ou à l’extérieur. Nous avons tous vu à la télévision des images de la pauvreté et ces problèmes. Ils doivent être résolus», a fait valoir le chef national du Congrès des peuples autochtones.

Francyne Joe a affirmé que les enjeux auxquels font face les organisations comme celle qu’elle représente sont beaucoup trop importants pour qu’elle renonce à participer à une telle rencontre.

«Je crois que l’information qui a été partagée avec les premiers ministres et les présentateurs nous fera progresser et nous serons en mesure de collaborer à l’avenir pour véritablement faire une différence dans ces secteurs», a dit Mme Joe, en faisant référence au développement économique et à la pauvreté des enfants.

Pas des groupes d’intérêt

Clément Chartier, président du Ralliement national des Métis, a plaidé que les trois groupes absents de la rencontre sont des représentants nationaux et qu’ils «devraient être respectés comme tel».

Selon lui, les groupes devraient être inclus dans les rencontres officielles des gouvernements, au lieu d’être maintenus en marge des discussions comme s’ils étaient des groupes d’intérêt.

«Nous formons un gouvernement, et les peuples autochtones, en vertu de la Section 35, ont un droit inhérent à l’autonomie gouvernementale», a-t-il souligné.

«Nous formons l’un des trois ordres de gouvernement dans ce pays — les gouvernements provinciaux, le gouvernement fédéral et les gouvernements autochtones.»

Un chef régional de l’Assemblée des Premières Nations avait prévu participer à la rencontre, mais a changé d’avis après «avoir appris que les dirigeants des Premières Nations identifiés sur la version préliminaire de l’ordre du jour n’avaient par été contactés et n’avaient pas reçu d’invitation ou n’avaient pas été traités selon un protocole approprié et avec respect», a déclaré le chef national, Perry Bellegarde.

«L’APN continuera de faire la promotion d’un processus efficace et respectueux pour les relations intergouvernementales, qui reflétera la relation de nation à nation, les droits des Premières Nations, les titres et les juridictions», a déclaré M. Bellegarde dans un communiqué.

Une porte-parole de l’Inuit Tapiriit Kanatami a précisé que le président Natan Obed participait au même moment à l’Assemblée générale du Conseil circumpolaire inuit en Alaska.

«C’est une rencontre qui arrive seulement aux quatre ans avec les représentants des quatre régions inuites circumpolaires (Canada, Groenland, États-Unis et Russie)», a déclaré Erin Brandt Filliter dans un courriel.

«Tous les autres dirigeants inuits qui auraient pu aller au (Nouveau-Brunswick) au nom du président de l’ITK seront aussi en Alaska.»

Elle a plus tard écrit à La Presse canadienne que le groupe autochtone militait pour une plus grande collaboration avec le Conseil de la fédération.

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