Jacques Boissinot Denis Richard, U.S. Awasthi. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Une semaine après l’annonce de la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2, un investissement majeur de 1,2 milliard $ a été annoncé pour la construction d’une usine de production d’urée à Bécancour, dans le Centre-du-Québec.

Le projet est mené conjointement par deux coopératives: la Coop fédérée et l’Indian Farmers Fertiliser Cooperative (IFFCO), une coopérative indienne. Le projet compte également comme partenaire Investissement Québec.

L’urée est un engrais chimique obtenu par la transformation du gaz naturel. Le Québec débourse environ 400 millions $ annuellement pour acheter de l’urée à l’étranger, notamment d’Oman, de Russie et d’Égypte.

La Coop fédérée — la plus grande entreprise agroalimenaitre du Québec — y a donc vu une occasion d’affaires. «D’autant plus qu’il y a un surplus de gaz naturel en Amérique du Nord, et plus particulièrement dans l’est du Canada», fait valoir Claude Lafleur, le chef de la direction de la Coop fédérée.

«Et comme la population mondiale croît chaque année, la pression sur les systèmes agricoles est de plus en plus importante, soutient M. Lafleur. Ça fait en sorte que cette agriculture nécessite des intrants minéraux et chimiques qui lui permet d’assurer la productivité.»

L’engrais produit est utilisé pour favoriser la croissance de diverses productions agricoles, mais plus particulièrement du maïs.

La Coop fédérée a choisi d’établir un partenariat avec une coopérative bien établie dans le domaine de l’urée. L’IFFCO est l’une des plus grandes coopératives d’engrais dans le monde et possède cinq usines de production d’urée en Inde.

Le géant indien a jeté son dévolu sur le parc industriel de Bécancour après avoir visité une cinquantaine de sites.

La présence d’un pipeline de Gaz Métro qui vient de l’Ouest canadien et qui achemine des surplus de gaz a été déterminant. «On va établir un branchement sur ce pipeline qui va aller directement à notre usine», indique M. Lafleur.

La présence d’un port à proximité du parc industriel de Bécancour, où certains terrains étaient vacants, a également pesé dans la balance.

La Coop fédérée s’est engagée à distribuer la moitié de la production de l’usine dans son réseau pancanadien de plus de 175 magasins, ainsi que dans le nord des États-Unis. Le reste de la production pourrait fort bien être exportée.

«Si les Indiens investissent chez nous, c’est aussi pour assurer leur sécurité au niveau de l’approvisionnement», mentionne M. Lafleur.

La première phase du projet a débuté il y a quelque temps par la mise en branle d’une étude de faisabilité. Les trois principaux partenaires du projet — la Coop fédérée, IFCCO et Investissement Québec — ont chacun déboursé 5 millions $ pour sa réalisation.

La deuxième phase nécessitera des investissements de 6 millions $ des trois partenaires pour la réalisation d’études environnementales.

La troisième phase débutera en 2014 avec la construction de l’usine de 1,2 milliard $. La Coop fédérée assumera 12 pour cent des coûts, IFCCO, 30 pour cent, et Investissement Québec, 18 pour cent. D’autres partenaires assumeront le reste des frais.

Quelque 1500 emplois seront créés pour la construction des installations. Lorsque l’usine sera opérationnelle, en 2017, de 200 à 300 postes à temps plein devront être comblés.

«Cet investissement est une bouffée d’air frais pour la région de Bécancour», a fait valoir la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec, Élaine Zakaïb.

«Je ne peux que me réjouir des efforts qui sont mis en place par notre gouvernement afin de s’assurer de la vitalité économique de région à la suite du déclassement de Gentilly-2», a souligné la ministre Zakaïb en ajoutant que la région de Bécancour sortira grandie de la fin de l’ère du nucléaire.

Cette annonce a été faite à Québec dans le cadre du Sommet international des coopératives.

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