MONTRÉAL — Amnistie internationale estime que la communauté internationale devrait présenter un front uni avec le Canada dans le but de protéger deux militantes récemment arrêtées en Arabie saoudite, dont la soeur du blogueur emprisonné Raif Badawi.

Geneviève Paul, directrice de la section Canada francophone d’Amnistie internationale, affirme que la pression sur le gouvernement saoudien augmente lorsque ces arrestations sont connues de par le monde. Elle soutient aussi que les militants qui ont été arrêtés par le régime saoudien sont en quelque sorte mieux protégés lorsque leur sort est connu. Mme Paul rappelle que la situation est bien pire lorsque le gouvernement fait ce que bon lui semble, à l’abri de toute allégation de violations des droits de la personne.

Amnistie internationale soutient que Samar Badawi, la soeur de Raif Badawi, a été récemment arrêtée avec Nassima al-Sada, une autre militante saoudienne de premier plan. La femme de Raif Badawi, Ensaf Haidar, qui vit à Sherbrooke avec leurs trois enfants, a déclaré à La Presse canadienne qu’elle avait été surprise d’apprendre les nouvelles arrestations.

Amnistie internationale Canada francophone a encore réitéré qu’Ottawa devrait suspendre la vente de véhicules blindés aux Saoudiens, puisqu’il y a toujours de forts motifs de croire que ces blindés sont utilisés au Yémen pour commettre de graves violations des droits de la personne. Mme Paul estime qu’aucun véhicule ne devrait être livré à l’Arabie saoudite sans une évaluation sérieuse, par le Canada, de la situation des droits de la personne dans le royaume saoudien.

Les blindés sont construits par l’entreprise General Dynamics Land Systems à London, en Ontario. Le contrat de 15 milliards $ avait été conclu sous le gouvernement de Stephen Harper, mais c’est le gouvernement de Justin Trudeau qui a ensuite octroyé les permis d’exportation.

Le professeur de droit Daniel Turp a vainement contesté en Cour fédérale l’octroi de ces permis, une décision confirmée en Cour d’appel fédérale le 6 juillet. M. Turp veut maintenant se rendre jusqu’en Cour suprême, toujours avec l’aide d’avocats qui travaillent «pro bono» et de certains de ses étudiants en droit.

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