The Associated Press

TORONTO — Deux étudiantes canadiennes se plaignaient de ce qui semblait être un retard de routine à bord d’un train en Italie, avant d’apprendre qu’elles avaient évité de quelques minutes l’effondrement catastrophique du pont qui a tué au moins 20 personnes et fait de nombreux blessés mardi à Gênes.

Tamar Bresge, 23 ans, a raconté qu’elle et son amie Melissa Light, 22 ans, toutes deux de Toronto, peinaient toujours à réaliser ce qui venait de se passer.

«Notre train était sur le point de passer sous le pont, on parle de moins de cinq minutes», a rapporté Tamar Bresge. «On y a tout juste échappé, mais vraiment tout juste.»

Une section d’environ 80 mètres du pont Morandi, sur une importante autoroute qui relie l’Italie à la France, s’est écroulée dans la ville portuaire de Gênes pendant une violente tempête. Une vingtaine de véhicules, dont des voitures et des camions, ont fait un plongeon de 45 mètres. Des tonnes d’acier et de ciment sont tombées sur les usines sous le pont.

Les deux jeunes Canadiennes venaient de quitter Nice, en France, pour se diriger vers Milan, en Italie, lorsque le soleil a fait place à une violente tempête.

«Il y avait des coups de tonnerre violents et des éclairs quand le pont s’est écroulé, alors je pensais qu’on entendait seulement l’orage, mais on était si proche qu’on a probablement entendu l’effondrement en pensant que c’était la tempête», a décrit Mme Bresge.

Après quelques brefs délais, le train a fait un arrêt imprévu à la gare de l’aéroport de Gênes. Sans donner de détails, le personnel ferroviaire a annoncé que le train aurait un retard d’une durée inconnue. Le duo de voyageuses n’avait alors aucune idée de ce qui s’était produit. Les passagers croyaient à un retard de train typique.

«Tout le monde a rechigné», raconte la jeune Torontoise.

Un événement «surréaliste»

Ce n’est qu’après l’arrêt du train que les deux Canadiennes, qui ne parlent pas italien, ont commencé à comprendre ce qui s’était passé grâce aux explications des autres passagers.

Une personne assise près d’elles semblait troublée et d’autres ont commencé à raconter le drame puis à montrer des images sur leur téléphone. L’ampleur de la tragédie qui se déroulait à quelques centaines de mètres devant elles a commencé à se concrétiser.

«On a d’abord cru que c’était un accident de train. Ensuite, on a compris que le pont s’était effondré, a expliqué Mme Bresge. On s’est arrêté si près des lieux qu’on pouvait entendre les sirènes.»

C’est finalement son père qui l’a appelée de Toronto, à son réveil, pour lui faire entendre au téléphone le bulletin de nouvelles racontant le drame. Les deux touristes ont alors pu comprendre exactement ce à quoi elle venaient tout juste d’échapper.

Après environ deux heures d’attente, le train a finalement rejoint Gênes, leur permettant de voir le pont au loin.

«Il a été complètement sectionné. Il y avait une partie complètement vide, a pu voir Melissa Light. C’est complètement fou. Nous sommes toutes les deux très reconnaissantes d’avoir été à bord du train devant l’effondrement et pas en dessous. Cela semble tellement surréaliste.»

L’incident s’est produit à la veille des grandes vacances d’été en Italie — le point culminant de la saison où la plupart des villes et des commerces sont fermés et où les gens se dirigent vers les plages ou les montagnes. Le pont Morandi, vieux de 50 ans, relie l’autoroute A10 à la France et l’autoroute A7 qui se prolonge vers le nord en direction de Milan. Il mesure un peu plus d’un kilomètre et s’élève à 45 mètres dans les airs.

Pour la suite de leur voyage, les deux Canadiennes ont dit vouloir se rendre à leur hôtel à Milan, puis se reposer en essayant de digérer ce qu’elles ont vécu.

«Nous sommes juste reconnaissantes que ce ne soit pas nous», a dit Melissa Light.

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