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Parmi les quatre grands partis, c’est Québec solidaire qui propose le plus de candidats issus des minorités visibles, soit 14 sur 125.

Métro a analysé la liste des 500 candidats des quatre principaux partis politiques pour savoir où en est la représentativité des minorités visibles. Celles-ci sont décrites pour comme étant des «personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche», d’après Statistique Canada. Il s’agit de Chinois, de Sud-Asiatiques, de Noirs, de Philippins, de Latino-Américains, d’Asiatiques du Sud-Est, d’Arabes, d’Asiatiques occidentaux, de Japonais, de Coréens et d’autres minorités visibles et de minorités visibles multiples.»

Près de 11,2% des candidatures des solidaires répondent à cette définition. La Coalition avenir Québec arrive en deuxième avec 8% de son effectif, soit 10 candidats, peu devant le Parti libéral du Québec avec 9 candidats issus des minorités, qui se place à égalité avec le Parti québécois.

D’après les dernières données du recensement, le taux de Québécois issus des minorités visibles se situait à 13%.

Voyez la parité et la diversité chez les principaux partis grâce à notre outil interactif. Les cercles mauves représentent les personnes issues des minorités visibles et les contours désignent le sexe des candidats. En plus grand ici.

Pour la sociologue et chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomique (IRIS), Julia Posca, ces chiffres, sans être exceptionnels, sont assez représentatifs de la diversité québécoise. Elle souligne toutefois que ces candidats issus des minorités visibles ne doivent pas représenter des poteaux.

«C’est bien beau d’avoir des candidatures, mais s’ils sont dans des circonscriptions où ils n’ont pas de chance de gagner, on va se retrouver avec une députation pas forcément représentative de la diversité au sein de la population québécoise», a-t-elle expliqué.

Métro a consulté le blog Qc125.com, instigué par le professeur de physique et d’astronomie au cégep de Saint-Laurent, Philippe J. Fournier, pour savoir si les candidats issus des minorités visibles ont des chances de l’emporter. Résultat: sur les 42 candidats, seulement six ont de réelles chances d’être élus et six autres pourraient gagner à la suite d’une lutte extrêmement serrée, selon les projections du 20 septembre. Les espoirs de siéger à l’Assemblée nationale sont donc bien minces pour 30 de ces candidats.

C’est le Parti libéral dont les candidats issus des minorités visibles ont le plus de chance de l’emporter. Quatre de ses aspirants députés faisant partie de ce groupe peuvent espérer siéger à Québec. Parmi eux, il y a ceux qui tenteront de prendre la relève de trois ténors libéraux qui ont décidé de quitter la politique. Dans Nelligan, Monsef Deraji est candidat pour succéder à Martin Coiteux, alors que dans Viau, Frantz Benjamin tentera de prendre le relais de David Heurtel. Enfin, dans Saint-Laurent, Marwah Rizqy est en lice pour prendre la suite de Jean-Marc Fournier.

Aux dernières élections générales, en 2014, quatre candidats issus des minorités visibles étaient parvenus à se faire élire: Sam Hamad, Amir Khadir, Maka Kotto et Saul Paulo. Dominique Anglade s’est ajoutée à la suite d’une élection partielle, en 2015, mais Sam Hamad a quitté en 2017. Il a été remplacé par la caquiste Geneviève Guilbeault.

Le directeur de l’institut Néo-Québec, Cyrille Ekwalla, a lui aussi comptabilisé les candidats issus des minorités visible et de la diversité. Il a constaté une augmentation du nombre de candidats issus des minorités visibles par rapport à 2014, année où il y en avait alors seulement 24.

«L’idée était de faire la promotion de la diversité, a-t-il dit. Moi, je suis issu de la diversité. Donc, j’observe le débat autour de ces questions. On parle beaucoup de l’accès à l’emploi, au logement, à l’intégration économique, mais on parle moins de la représentativité en politique», a-t-il rapporté.

Pour M. Ekwalla, la présence des minorités visibles en politique peut être un facteur important d’intégration et d’exemple pour les différentes communautés qui ne se sentent pas représentées.

«Le fait de voir autant de visages qui nous ressemblent, pour les jeunes qui regardent ça, ils se disent que ces candidats ont franchi le pas. On a besoin de ces modèles, a-t-il ajouté, mais la politique reste encore un des domaines les moins accessibles.»

Si ces nouveaux candidats apportent un vent de changement, il faudrait surtout que les partis s’engagent concrètement à améliorer l’égalité des chances pour les minorités visibles, a soutenu Julia Posca. Selon elle, la question du racisme systémique est le réel enjeu qui se cache derrière la représentativité des minorités visibles.

«Le gouvernement n’a pas voulu aller enquêter sur ce problème-là alors que plusieurs groupes nous disent qu’ils vivent ces discriminations. Il faut donc aussi que l’Assemblée ne fasse pas de l’inclusion une question de représentativité, mais une question concrète des conditions de vies des personnes issues des minorités visibles», a-t-elle insisté.

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