Josie Desmarais/Métro Jean-François Lisée, Philippe Couillard, Manon Massé et François Legault

Santé, éducation, environnement et immigration, voici les principaux enjeux sur lesquels ont croisé le fer Philippe Couillard du Parti libéral du Québec (PLQ), François Legault de la Coalition avenir Québec (CAQ), Jean-François Lisée du Parti québécois (PQ) et Manon Massé de Québec solidaire (QS), lors du premier débat des chefs, présenté jeudi soir à Radio-Canada.

Santé
Même si les questions du public portaient sur la qualité des soins en CHSLD et sur le temps d’attente aux urgences, le débat sur la santé a surtout porté sur la rémunération des médecins, ce qui n’a donc «pas tellement» éclairé la citoyenne qui avait posé une question aux candidats. Jean-François Lisée a plaidé pour une «indépendance de l’Ontario». «M. Couillard, M. Legault et Mme Massé, vous avez décidé que les médecins en Ontario vont décider combien on va payer nos médecins», a-t-il dit, qualifiant «d’idée folle» le rattrapage du salaire des médecins décrété par François Legault quand il était ministre de la Santé. «Vous nous avez mis la main dans le tordeur», a renchéri le premier ministre sortant.

Le chef caquiste croit que le système de santé, et le temps d’attente aux urgences ne s’amélioreront pas «tant qu’on ne changera pas le mode de rémunération à l’acte des médecins». M. Le­gault n’a pas pu expliquer exactement comment il comptait réduire le temps d’attente aux urgences à 90 minutes, comme il a promis.
Tous les candidats ont dit souhaiter améliorer la première ligne en augmentant le nombre d’actes réalisés par d’autres spécialistes, comme les infirmières, les pharmaciens ou autres. Manon Massé a toutefois critiqué le virage «vers le privé» de la première ligne entamé sous le gouvernement Couillard.

«Les supercliniques ont remplacé un modèle public, qui s’appelle les CLSC. Ces partis-là ne croient plus au système public de santé et souhaitent que le système aille dans les mains des entreprises privées et des médecins incorporés», a-t-elle dénoncé en pointant la CAQ et le PLQ.

Environnement
Manon Massé, qui ne semblait pas prendre toute la place qu’on lui offrait pendant le débat, attendait son moment pour faire valoir les grandes mesures de QS en matière d’environnement. «Il faut changer de cap carrément», a-t-elle lancé, expliquant que la province a besoin d’une transition «énergétique, économique et écologique». QS propose de prendre les 12,5 G$ qui seraient consacrés au Fonds des générations pour s’occuper de «l’enjeu majeur» qu’est l’environnement.

Et l’exploitation des hydrocarbures? «C’est du passé», a lancé M. Lisée, ajoutant que le PQ mènerait une «guérilla législative et normative» si Ottawa menace d’imposer un pipeline au Québec. Le Parti libéral «tourne le dos» aux hydrocarbures, promet M. Couillard. «Il ne faut pas juste dire non aux pipelines, il faut accélérer la transition énergétique», a-t-il ajouté à l’attention de M. Lisée, en parlant d’électrification des transports et d’énergies renouvelables.

Quant à M. Legault, il n’a pas raté l’occasion de blâmer le PQ et le PLQ, deux partis qui, selon lui, «se montrent verts» et ont «approuvé le pire projet», soit la cimenterie de Port-Daniel, en Gaspésie.

«Je suis flabbergastée, comme on dit en chinois. Vous êtes tous d’accord­ pour signer ces accords­.» – Manon Massé, s’adressant aux trois autres chefs sur la gestion de l’offre et la renégociation de l’Aaccord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Éducation
En plus de mettre de l’avant sa promesse d’augmenter la rémunération de base des professeurs, Philippe Couillard a surtout eu à défendre les coupes de son gouvernement dans le segment du débat sur l’éducation. «Rien n’est votre faute! Prenez vos responsabilités», a même lancé M. Lisée à l’endroit du premier ministre sortant quand ce dernier a justifié sa rigueur budgétaire par les finances en mauvais état laissées par le PQ.
Manon Massé a mis de l’avant la promesse de son parti de mettre fin au financement des écoles privées, accusant les autres partis de ne pas avoir «le courage de terminer la Révolution tranquille».

«Ce que je n’accepterai jamais de Philippe Couillard, c’est qu’il a coupé dans l’aide aux enfants les plus vulnérables. Je ne vous pardonnerai jamais ça.» – François Legault, à propos des coupes en éducation sous le gouvernement Couillard

François Legault s’est fait le chantre de la maternelle quatre ans, martelant qu’il était le seul à proposer que tous les enfants de cet âge aient une place dans le système scolaire. «Il va se libérer beaucoup de places dans les CPE pour les enfants de moins de quatre ans. Je ferais de la politique seulement pour la maternelle quatre ans», a-t-il soutenu, mettant en jeu son siège sur cette promesse. Cette proposition a tout de suite été qualifiée d’irréaliste par les autres candidats, à cause notamment du manque de places dans les écoles. «M. Legault, votre cadre financier est brouillon», a lancé Philippe Couillard.

«Jean Chrétien, sors de ce corps!» – Jean-François Lisée, accusant François Legault, un ancien souverainiste, de reprendre des arguments de l’ancien premier ministre canadien, sur la péréquation notamment.

Immigration
Comme c’est le cas depuis le début de la campagne, le seuil d’accueil d’immigration a été au cœur du débat des chefs. Le chef du PQ n’a pas voulu citer de chiffres, tandis que M. Legault a réitéré sa position de réduire à 40 000 le nombre de personnes accueillies par année au Québec. Manon Massé et Philippe Couillard ont trouvé le seuil actuel, de 50 000 à 53 000, acceptable. Le test de français et de valeurs proposé par la CAQ a énormément fait jaser.

Philippe Couillard l’a notamment qualifié de «test d’expulsion». «N’ouvrons pas la porte de l’expulsion», a plaidé le chef libéral. Ce segment a d’ailleurs permis au premier ministre sortant de passer davantage à l’attaque, en ayant moins à défendre son bilan. C’est cette fois le chef de la CAQ qui a subi les attaques. «Nous, ce qu’on demande à tous les nouveaux arrivants, c’est de réussir un test de français après trois ans. On parle d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens. Le gouvernement du Canada a expulsé 4 000 personnes qui étaient des illégaux. Est-ce que vous trouvez ça inacceptable?» a questionné M. Legault.

«Les familles qui nous écoutent, vous leur faites peur, M. Legault» – Philippe Couillard, au sujet de la position de la CAQ sur l’immigration.

Moins présente dans ce segment, comme dans tout le débat d’ailleurs, au cours duquel elle a parlé près de cinq minutes de moins que les autres candidats, Manon Massé a insisté sur le fait que l’enjeu d’intégration n’était «pas un chiffre», avant d’enchaîner avec des statistiques sur la sous-représentation des minorités dans la fonction publique. «Il faut que l’État soit exemplaire», a-t-elle soutenu.

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