Mary Schwalm Mary Schwalm / The Associated Press

MONTRÉAL — Les experts affirment que des explosions en chaîne de gaz naturel, comme celles qui ont frappé jeudi trois petites villes de la banlieue de Boston, risquent peu de se produire au Canada.

Le directeur de l’Institut des politiques énergétiques et environnementales à l’Université Queen’s, en Ontario, soutient que ce type d’explosions multiples est extrêmement rare.

Selon le professeur Warren Mabee, même si la cause des explosions dans la région de Boston n’est toujours pas confirmée, il semble que le système de distribution de gaz ait été soumis à une surpression pendant des travaux de réparation, ce qui aurait provoqué des fuites dans plusieurs bâtiments et des explosions.

D’après M. Mabee, la plupart des réseaux de gaz naturel ont des dispositifs d’urgence qui bouclent le système avant même qu’un excès de pression ne commence à fuir ou ne provoque une explosion. On ignore toutefois pourquoi ce système n’a pas fonctionné jeudi à Boston.

Une porte-parole de la compagnie québécoise de gaz naturel Énergir, qui dessert près de 205 000 clients, a dit douter qu’une tragédie similaire se produirait au Canada, mais il est impossible de juger sans savoir ce qui a causé les explosions.

«Le même gaz naturel circule dans nos tuyaux et à Boston», a souligné Catherine Houde lors d’un entretien téléphonique.

«Cependant, nous n’effectuons pas les travaux de maintenance de la même manière, notre réseau est également plus jeune et nous n’avons pas les mêmes mesures de sécurité en place», ajoute-t-elle.

Selon Mme Houde, Énergir utilise des matériaux différents dans ses tuyaux que ceux utilisés à Boston. Le système québécois dispose aussi de nombreuses mesures de protection pour prévenir et répondre aux ruptures et aux accumulations de pression.

Les mesures de sécurité comprennent un test des canalisations pour s’assurer qu’elles peuvent supporter une pression beaucoup plus élevée que prévu; une surveillance 24 heures sur 24, 7 jours sur 7; et des vannes de réduction de pression qui se déclenchent automatiquement lorsque des anomalies sont détectées.

La société traite environ 500 fuites de gaz par année, presque toutes causées par des équipes de construction qui creusent à proximité des tuyaux, précise la porte-parole.

Malgré cela, elle affirme qu’il n’y a pas eu d’incident majeur depuis 2005, lorsqu’un incendie et une explosion ont tué une personne à Pointe-du-Lac, près de Trois-Rivières. Mme Houde rappelle qu’il y a toujours un danger quand il s’agit de gaz naturel, et que l’entreprise analysera attentivement ce qui s’est passé à Boston.

Selon le site Internet de l’Association canadienne du gaz, environ 35 pour cent des besoins énergétiques du Canada sont comblés par le gaz naturel.

L’association a refusé notre demande d’entrevue, mais a assuré par voie de communiqué qu’elle surveillait la situation au Massachusetts et avait proposé de fournir de l’aide si nécessaire.

«Nous travaillerons avec nos collègues américains pour en apprendre le plus possible sur ce qui s’est passé et sur la manière de prévenir de tels incidents», mentionne le communiqué.

La série d’explosions de jeudi a fait au moins un mort et 25 blessés dans trois petites villes au nord de Boston, en plus de déclencher des dizaines d’incendies. Un jeune homme de 18 ans a perdu la vie quand une cheminée renversée par une explosion est tombée sur sa voiture. Les autorités tentent toujours de déterminer les causes des déflagrations.

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