Jacques Boissinot/La Presse canadienne Gertrude Bourdon

QUÉBEC — La candidate libérale Gertrude Bourdon soupçonne la Coalition avenir Québec de faire de la «récupération politique» en demandant l’ouverture d’une enquête à son sujet. Elle compte cependant y participer «pleinement».

«Qu’on en ait fait une récupération politique ou partisane, c’est autre chose, (…) ça leur appartient», a-t-elle déclaré lors d’un bref entretien avec La Presse canadienne, samedi.

Mme Bourdon réagissait pour la première fois à la décision de l’Autorité des marchés publics (AMP) d’ouvrir un dossier relativement à sa gestion de l’octroi de contrats lorsqu’elle était présidente directrice générale du Centre hospitalier universitaire de Québec.

La députée caquiste Geneviève Guilbault réclame une enquête sur le fractionnement de contrats reproché au CHU de Québec sous la direction de Gertrude Bourdon — même si celle qui pourrait bien devenir ministre de la Santé dans un éventuel gouvernement libéral assure être au-dessus de tout reproche.

En entrevue, elle a affirmé vouloir collaborer «pleinement» à l’enquête de l’AMP, si enquête il y a. Le président directeur général de l’AMP, Denis Gallant, a confirmé jeudi à Mme Guilbault qu’il a demandé «l’ouverture d’un dossier afin que l’Autorité examine les suites à donner à cette affaire».

Il a expliqué ne pas pouvoir mener dès maintenant une enquête, puisqu’il n’a «légalement aucun pouvoir» pour le faire à l’heure actuelle. Il ne les obtiendra que le 25 janvier 2019, à l’occasion de l’entrée en vigueur complète de la Loi sur l’Autorité des marchés publics.

«Je n’ai aucune crainte», a déclaré Mme Bourdon samedi, en marge d’une annonce du Parti libéral sur la formation de la main-d’oeuvre à Québec.

«Je vais être tout à fait disponible pour répondre aux questions. Je n’appelle pas ça une enquête, j’appelle ça que la population soit au fait de comment ça s’est fait, pourquoi ça s’est fait, comment l’intérêt de la population a été desservi là-dedans.

«Je vais collaborer totalement, a-t-elle ajouté, en soulignant avoir pris ces décisions «en équipe».

«Je n’ai aucun problème à ce que l’on regarde comment on a fait les choses.»

Le 1er septembre, attaquée par les partis d’opposition pour avoir attribué des contrats de gré à gré, la candidate-vedette du PLQ dans la circonscription de Jean-Lesage a fait état d’une situation «exceptionnelle», où ses mains étaient liées. L’ancienne patronne du CHU de Québec assure être restée dans les limites de la légalité.

Pour sa part, Mme Guilbault avait dû défendre la cour assidue faite par la CAQ à l’endroit de Mme Bourdon. Elle a soutenu que sa formation ignorait cette affaire lorsqu’elle a courtisé Mme Bourdon, avant que celle-ci ne se joigne aux libéraux.

Or, la CAQ se targue d’avoir questionné l’actuel ministre de la Santé, Gaétan Barrette, sur ces contrats il y a plus d’un an.

«La CAQ était littéralement à ses pieds pour qu’elle soit candidate pour eux, avec les mêmes informations connues, est intervenu le chef libéral Philippe Couillard, samedi. Pourquoi devient-elle maintenant une personne que l’on critique, alors que l’on voulait la recruter il y a quelques semaines?

«Il y a un petit degré de cynisme là-dedans», a-t-il ajouté.

M. Couillard estime par ailleurs que sa candidate a bien agi, dans l’intérêt des patients, parce qu’il y avait, selon lui, un danger de bris de confidentialité des données médicales si elle ne procédait pas rapidement.

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