Josie Desmarais/Métro

MONTRÉAL — La légalisation du cannabis à des fins récréatives ne signifie pas que la Sûreté du Québec (SQ) en aura terminé avec la lutte contre la production illégale de cette drogue.

C’est que la légalisation s’accompagne de nouvelles infractions, de nouveaux articles de loi qui viennent complexifier le travail des policiers.

«Le cannabis est une drogue, et c’est quand même relativement simple au niveau de l’application. Vous n’avez ni le droit d’en posséder, ni le droit d’en consommer, ni d’en vendre, ni d’en produire, ni d’en faire le trafic. Donc l’application est relativement simple», a expliqué le capitaine Dany Dufour, responsable du Service des enquêtes sur la criminalité contre l’État.

«Toutefois, en légalisant une substance (…), elle devient encadrée par différentes lois. Donc pour ce qui est du cannabis, il y aura une loi fédérale, mais également une loi provinciale. Certains règlements municipaux pourront également être appliqués dans certaines municipalités qui le désireront. Donc plusieurs nouvelles infractions, plusieurs nouveaux articles de loi qui vont encadrer cette substance-là. D’où l’importance de maximiser nos efforts et d’augmenter les effectifs.»

La SQ a donc annoncé mardi la création du nouveau programme ACCES Cannabis (action concertée contre l’économie souterraine), qui s’attaquera à la contrebande de cannabis à toutes les étapes de l’approvisionnement, que le produit vienne de l’intérieur du Québec ou d’un autre pays.

Le programme ciblera aussi la production illégale et toute distribution illicite, qu’il s’agisse d’un grand réseau ou de simple contrebande de quartier.

Le programme sera formé de 54 nouveaux effectifs, notamment des policiers, mais aussi des analystes et autres employés civils, a indiqué Dany Dufour.

«On est en période de recrutement, qui va bon train, donc on sera opérationnel pour le 1er octobre», a-t-il ajouté.

De ce nombre, trois équipes mixtes composées de policiers de la SQ et de services de police municipaux ont été mises sur pied. Les interventions se feront sur l’ensemble du territoire québécois de même qu’en ligne.

«La contrebande en ligne sera un axe d’attaque important. La cybercriminalité est une priorité organisationnelle à la Sûreté du Québec depuis plusieurs années, et ce, dans différents types d’activités illicites, donc on aura également des ressources qui seront spécifiquement attitrées à la contrebande de cannabis en ligne», a souligné le capitaine Dufour.

Le programme ACCES Cannabis est conçu sur le modèle de ceux déjà existants dans les domaines de lutte contre la contrebande d’alcool et des produits du tabac illégaux.

Malgré l’entrée en vigueur de la Loi sur le cannabis, le 17 octobre prochain, certaines activités demeureront des infractions criminelles ou pénales, comme la production, la possession dans un but de trafic, la vente sur le marché noir, l’importation et l’exportation.

La Loi encadrant le cannabis adoptée par le gouvernement du Québec interdit par ailleurs la culture de cannabis à des fins personnelles.

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