Allan McInnis/La Presse canadienne François Legault et Philippe Couillard

QUÉBEC — Alors que les derniers sondages annoncent une chaude lutte pour le pouvoir entre le Parti libéral du Québec (PLQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) au fil d’arrivée le 1er octobre, laissant présager l’élection d’un gouvernement minoritaire, les partis se positionnent par rapport à ce scénario.

Le chef péquiste Jean-François Lisée, dont le parti arrive au troisième rang dans les intentions de vote, a écarté catégoriquement, mardi, la possibilité de former un gouvernement de coalition avec la CAQ de François Legault ou avec Québec solidaire (QS).

Mais il n’a pas fermé la porte à se montrer plus conciliant si c’est le PLQ qui forme un gouvernement minoritaire.

«Si les libéraux sont élus minoritaires, et que nous sommes le deuxième parti, et que l’électorat a décidé d’envoyer une majorité non libérale, que se passera-t-il? C’est un pont qu’on traversera lorsqu’on y sera, si on y est», a-t-il expliqué en conférence de presse, mardi, à Mont-Laurier.

Un nouveau sondage de la firme Ipsos pour le compte de La Presse et de Global News place la CAQ et le Parti libéral du Québec (PLQ) à égalité à 30 pour cent. Le PQ et QS suivent avec, respectivement, 20 et 16 pour cent des intentions de vote.

Un parti doit gagner 63 sièges pour former un gouvernement majoritaire à l’Assemblée nationale.

Selon les sites de projection électorale Qc125 et Too close to call, la CAQ obtiendrait à l’heure actuelle une cinquantaine de sièges, alors que les libéraux en auraient une quarantaine.

PQ: Un meilleur accès à l’information

Mais si jamais le PQ fait mentir les sondages et forme le prochain gouvernement, il a dit mardi souhaiter mettre à jour la Loi sur l’accès à l’information et changer la façon dont sont appliquées les sanctions de la Commissaire à l’éthique et à la déontologie.

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, a annoncé mardi ses engagements en matière de réforme démocratique à Mont-Laurier, dans les Laurentides.

PLQ: Couillard hausse le ton envers Legault

Malgré la promesse d’une campagne positive, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, a semblé changer son fusil d’épaule, mardi, à Sherbrooke, dans la dernière étape du marathon électoral, accolant l’étiquette de «brouillon» à son rival caquiste tout en remettant en question la compétence de François Legault.

Même si M. Legault est suivi par de nombreux médias nationaux dans le cadre de sa tournée régionale de fin de campagne et qu’il tient quotidiennement plus d’une mêlée de presse pour répondre aux questions, le chef du PLQ a reproché à son adversaire caquiste de ne pas tenir de conférences de presse en bonne et due forme et de ne pas participer aux tables éditoriales des médias nationaux.

«Impôts latents»?

M. Couillard a été piqué au vif par les insinuations de M. Legault relatives à sa situation sur le plan fiscal.

À Chibougamau, le chef caquiste avait semé le doute sur les finances personnelles de son rival libéral, mardi, laissant entendre qu’il pourrait avoir des sommes placées à l’étranger.

En se fiant à la déclaration de revenus rendue publique la veille, M. Legault a dit croire que M. Couillard avait des «impôts latents», donc des impôts «qui seront éventuellement payés, habituellement, quand l’argent va être rapatrié d’un autre pays».

«Salissage malicieux», a répliqué M. Couillard, niant tout placement douteux.

Selon M. Couillard, le chef caquiste a fait la démonstration une fois de plus qu’il est indigne de la fonction de premier ministre.

Ce dernier a précisé en fin de journée que son intention n’était pas de se livrer à une charge contre son opposant et que les journalistes avaient tiré des conclusions erronées.

CAQ: Des pouvoirs à la vice-première ministre

Le poste de vice-premier ministre serait doté de nouveaux pouvoirs au sein d’un éventuel gouvernement de la Coalition avenir Québec, selon un document dont le quotidien Le Soleil a obtenu copie.

Selon le «plan de transition» de la CAQ, il s’agirait en fait d’une vice-première ministre, qui deviendrait vice-présidente du Conseil exécutif et serait autorisée à parler au nom du gouvernement dans tous les dossiers, y compris sur la scène internationale.

Par ailleurs, s’il est élu premier ministre, François Legault marchera dans les traces de Bernard Landry avec l’objectif de conclure une entente de type «Paix des Braves» avec d’autres nations autochtones. Une entente entre Québec et les Cris avait été conclue en 2002.

Pas de «pot» au café du coin

Enfin, si la CAQ forme le prochain gouvernement, pas question de voir se multiplier des «cafés cannabis», même si la substance deviendra légale le 17 octobre.

François Legault n’a pas démontré une once d’intérêt pour l’idée péquiste de permettre aux Québécois de fumer un joint dans un établissement licencié.

Milieux humides: réglementation trop «rigide»

Le chef péquiste a pour sa part repris une idée de son adversaire caquiste, mardi, estimant lui aussi que la réglementation concernant les milieux humides pourrait être assouplie pour faciliter la vie des citoyens des régions.

Alors que ceux qui souhaitent construire sur ces terres doivent actuellement offrir une compensation au gouvernement, des municipalités d’Abitibi-Témiscamingue dénoncent la définition de ce que le ministère entend par milieu humide, ainsi que le calcul effectué pour déterminer le montant à verser.

Les promesses libérales attaquées par… une libérale

Après qu’une de ses propres candidates eut qualifié certaines de ses propositions de «pacotilles», M. Couillard a choisi de passer l’éponge.

Le chef libéral s’est gardé de semoncer Nadine Riopel, qui se présente sous la bannière du PLQ dans la circonscription de Labelle, mais il a évoqué un manque de compréhension de la plateforme de la part de cette dernière.

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