OTTAWA – Jamais deux sans trois? Après deux essais infructueux afin de protéger le parc de la Gatineau, le Nouveau Parti démocratique (NPD) revient à la charge, mais croit désormais détenir la clé de la réussite.

Privé de protection juridique, le parc de la Gatineau est théoriquement vulnérable aux promoteurs qui pourraient être charmés par ses berges et ses vallons. Jeudi, le NPD déposera un projet de loi destiné à enchâsser pour de bon ses frontières dans une loi fédérale.

Et si l’on en croit la marraine du projet de loi, Nycole Turmel, il a de fortes chances d’être adopté.

Véritable «joyau» pour la députée d’Hull-Aylmer, le parc ne bénéficie toutefois pas des mêmes protections que les parcs nationaux et provinciaux du pays. La Commission de la capitale nationale (CCN), chargée de sa gestion, respecte ses frontières établies en 1997, mais rien ne l’empêcherait en principe de changer de cap, selon Mme Turmel.

«Le conseil d’administration pourrait décider — sans vraiment avoir de consultations, sans (s’adresser) au Parlement — de modifier les bordures du parc ou de vendre des terrains à l’intérieur du parc. Et nous, on veut empêcher ça», a-t-elle expliqué en entrevue.

Elle souhaite ainsi faire en sorte que la CCN ne puisse modifier les limites du parc sans l’accord de la Chambre des communes.

Mme Turmel a indiqué avoir brièvement échangé avec le ministre en charge de la CCN, John Baird, qui se serait montré «très ouvert» à sa démarche. Elle a assuré ne «pas voir de difficulté à l’heure actuelle» qui l’empêcherait de faire adopter son projet de loi.

Le ministre Baird n’a cependant pas répondu à la demande d’entrevue de La Presse Canadienne à ce sujet.

Par deux fois dans le passé, le NPD a tenté d’établir des limites juridiques au parc, mais les deux anciens projets de loi sont morts au feuilleton, faute de temps avant le vote final. Cette fois-ci, avec un gouvernement majoritaire aux Communes, Mme Turmel croit être en mesure de faire adopter son projet de loi avant les prochaines élections fédérales, prévues en 2015.

«Pour la première fois, on a le temps (…). Je pense qu’on peut le faire», a-t-elle insisté.

La CCN s’est déjà dotée d’une politique de rachat des terrains privés à l’intérieur du parc. Avec son projet de loi, Mme Turmel voudrait également en faire une «mission».

«Au niveau économique et environnemental, le parc est un bijou (…). Il faut vraiment le sauver», a-t-elle plaidé.

Il n’est toutefois pas question pour Mme Turmel de demander un changement de statut pour ce seul parc fédéral à ne pas être un parc «national». Le processus serait trop long et complexe, à ses yeux.

Le débat du projet de loi en Chambre devrait débuter à l’automne de l’année prochaine.

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