Adrian Wyld Bernard Lord. Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le Canada aura sa «liste noire» de téléphones intelligents volés ou perdus dans le but de les rendre beaucoup moins attrayants pour les criminels.

Car ce type de vol est en croissance, et est souvent accompagné de violence, souligne l’Association canadienne des chefs de police.

C’est l’Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS) qui a fait l’annonce de la liste noire, jeudi, à Ottawa.

D’ici le 30 septembre 2013, l’identité numérique des téléphones intelligents volés ou perdus sera inscrite sur une liste spéciale.

Dès lors, un voleur ne pourra faire réactiver un appareil par un fournisseur de services canadien. Car il sera vérifié au préalable si le numéro d’identification de l’appareil n’est pas associé à un cellulaire volé ou perdu.

Ainsi, la valeur des téléphones volés diminuera sur le marché noir car ils ne seront plus aussi attrayants aux yeux des malfaiteurs.

Cela devrait non seulement décourager les vols de téléphones intelligents, espère l’ACTS, mais aussi des problèmes reliés au vol d’identité et des données personnelles, comme par exemple les informations de comptes bancaires.

Le coût de la mesure est estimée à 20 millions $ par l’ACTS qui assure que la facture ne sera pas refilée aux utilisateurs de cellulaires.

«Il n’y pas de plan visant à augmenter les frais ou les coûts pour les consommateurs. Nous devons voir cela comme l’un des coûts liés à être en affaires», a indiqué le président de l’Association, Bernard Lord.

La plupart des téléphones intelligents récents pourront être inscrits sur la liste. Mais pas les modèles plus anciens, faute d’être munis de la technologie permettant leur identification.

Les consommateurs devront par contre communiquer immédiatement avec leur fournisseur de service pour signaler la perte ou le vol de cellulaire afin de le faire désactiver.

L’Association canadienne des chefs de police s’est réjouit de l’initiative.

«Le vol de téléphones cellulaires est habituellement un crime gratuit et violent qui peut produire de graves séquelles psychologiques et physiques chez les victimes», a déclaré le chef Jim Chu.

Uniquement au centre-ville de Montréal, le nombre de vols violents de cellulaires a augmenté de 71 pour cent: selon les chiffres de l’Association des chefs de police, il y a eu 142 vols en 2010 pour 243 en 2011. Dans tous ces cas, le crime était accompagné d’une forme de violence, a précisé M. Chu.

Le Canada emboîte ainsi le pas à d’autres pays qui ont déjà mis semblable système en place. Les États-Unis auront le leur d’ici novembre 2013, soit après la base de données canadiennes.

Le Conseil de la radio-diffusion et des télécommunications (CRTC) avait fait pression depuis un bon moment sur l’industrie canadienne pour qu’une telle liste soit créée. L’organisme fédéral avait même lancé un ultimatum à l’industrie en octobre dernier.

Jeudi, son président, Jean-Pierre Blais, s’est réjouit, avec certains bémols. Il aimerait que le système soit fonctionnel plus rapidement.

«J’encourage vivement l’industrie à mettre en place la base de données avant septembre 2013 afin de s’assurer que les Canadiens puissent profiter de cette protection accrue dans les meilleurs délais».

«Il nous tarde de recevoir de plus amples détails à la fin novembre au sujet du plan de l’ACTS, y compris les données sur les téléphones cellulaires perdus ou volés au Canada, et ses autres activités liées à cet enjeu. Grâce à ces renseignements, le CRTC pourra déterminer la meilleure façon de soutenir les efforts de l’industrie», a-t-il ajouté.

L’ACTS a aussi lancé un site web qui se veut un centre de ressources pour les Canadiens où ils pourront apprendre comment protéger leurs données.

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