Adrian Wyld Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA — Le marché noir du cannabis au Canada est désormais confronté à la concurrence des détaillants autorisés, mais il pourrait miser sur l’intérêt du public pour des produits tels que des jujubes, des comprimés, des vaporisateurs et des crèmes au cours de la prochaine année, tant que ces produits commerciaux demeureront illégaux.

Bien que le Canada soit devenu le premier pays du G7 à légaliser, mercredi, le cannabis à des fins récréatives, il a limité l’offre légale au cannabis séché ou frais et à l’huile de cannabis, vendus par des détaillants autorisés par le gouvernement.

Les Canadiens peuvent également concocter leurs propres produits à base de cannabis, incluant les produits comestibles, à la maison.

Les autorités surveillent de près la situation et certains services de police comme celui d’Ottawa ont indiqué que les lois concernant la vente et la distribution de produits illégaux seraient appliquées et que les agents étaient au courant des points de vente au détail qui ne sont pas légaux.

La police observe aussi l’évolution du marché noir maintenant que la consommation de cannabis à des fins récréatives est légale.

Le ministre de la Réduction du crime organisé, Bill Blair, a déclaré qu’Ottawa savait que les consommateurs voudraient peut-être acheter des produits comestibles et des produits très puissants sur le marché noir, mais qu’il était important d’adopter une réglementation prudente en raison des «complexités et des risques importants».

«Une partie du problème est que, selon la manière dont ces produits sont fabriqués, emballés et vendus, les gens n’ont aucune idée de la puissance de ce qu’ils consomment», a souligné M. Blair en entrevue.

Le porte-parole du Nouveau Parti démocratique en matière de santé, Don Davies, a affirmé que l’exclusion de tels produits créait un «trou béant» dans le marché légal de la marijuana, soulignant que ce type de produits étaient recherchés par plusieurs consommateurs.

Donald MacPherson, directeur général de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, a convenu, jeudi, que l’exclusion de ces produits constituait une brèche importante, tout en ajoutant qu’elle était intentionnelle.

Le gouvernement fédéral a tiré des leçons de l’expérience d’États américains ayant légalisé la marijuana et ayant encouragé le Canada à ne pas se précipiter, a dit M. MacPherson.

«Maintenant, la pression est forte pour que cet autre pan important du marché soit également régi par un cadre réglementaire, car il représente une part énorme du marché», a-t-il souligné.

M. MacPherson a fait valoir que le marché avait échappé au cadre légal pendant tellement longtemps qu’il faudrait un certain temps avant de s’en réapproprier tous les éléments, «si cela est possible».

Un groupe de travail sur la marijuana mis sur pied par le gouvernement fédéral s’est dit préoccupé par une augmentation du nombre d’enfants consommant accidentellement des produits contenant du cannabis dans les États américains où la drogue est légale.

«Nous reconnaissons qu’un manque de réglementation a contribué à ce risque», indique le rapport.

«Si la vente des produits alimentaires était autorisée au Canada, ceux-ci devraient au moins se conformer aux exigences les plus strictes en matière d’emballage et d’étiquetage applicables aux produits alimentaires actuellement en vigueur aux États-Unis.»

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