Geoff Robins Geoff Robins / La Presse Canadienne

TORONTO — Un candidat à la mairie d’une ville de l’Ontario qui a dû attendre une journée de plus pour savoir qu’il était élu maire a soulevé des questions sur le vote en ligne, qui a éprouvé des problèmes lors des élections municipales dans la province, lundi soir.

Chris Peabody, finalement élu à Brockton dans le centre-ouest de l’Ontario, a d’ailleurs appelé le gouvernement provincial à examiner le vote par internet et à veiller à ce que les lois électorales soient mises à jour pour refléter la nouvelle réalité.

Au lieu de fêter une victoire ou de digérer une défaite, lundi soir, M. Peabody et de nombreux autres candidats de 51 municipalités se sont retrouvés dans l’attente, alors que les systèmes de vote Dominion conçus au Colorado ont connu des ratés.

Certaines villes ont choisi de prolonger les heures de vote jusqu’à tard lundi, mais d’autres, comme Brockton, ont repoussé l’échéance de 24 heures.

Dans un communiqué publié lundi, Dominion a reproché à une société non identifiée de Toronto d’avoir limité le trafic du vote entrant. L’entreprise de Denver a assuré que le problème avait été résolu en 90 minutes, mais de nombreux électeurs ont tout de même éprouvé des difficultés à voter.

«Notre priorité est de veiller à ce que nos clients des élections municipales en Ontario puissent fournir à leurs électeurs un service ininterrompu jusqu’à la fin du vote», a indiqué la vice-présidente de Dominion, Kay Stimson.

Dominion, qui se présente comme l’un des principaux fournisseurs de solutions de dépouillement des votes, a facturé environ 5 $ à Brockton pour chacun des 7500 électeurs admissibles de la municipalité, pour un total d’environ 40 000 $.

En théorie, le vote électronique devait coûter environ 15 pour cent de moins que pour le dépouillement traditionnel des bulletins de vote, qui nécessite du personnel et implique d’autres coûts. Cette année, le problème de Dominion a peut-être augmenté les coûts, qui devraient être couverts par l’entreprise américaine, selon M. Peabody.

D’autres problèmes par le passé

La société était également responsable du vote lors de la course à la direction du Parti progressiste-conservateur, qui a mené au couronnement de Doug Ford, devenu par la suite premier ministre de l’Ontario.

Cependant, le dévoilement des résultats avait été marqué par des problèmes de vote et il y avait eu un retard de plus de cinq heures pour connaître le gagnant.

Lors des élections de 2010, la ville Brockton avait éprouvé des problèmes de bande passante semblables avec une autre entreprise fournissant des services de vote en ligne, Intelivote Systems, de Halifax. En échange, la municipalité a obtenu un référendum en ligne gratuit en 2013.

Cependant, en 2010 et en 2014, des bulletins de vote en papier étaient également disponibles pour ceux qui préféraient ce moyen. Ce n’était pas le cas lundi, étant donné que le conseil a voté pour éliminer complètement le papier.

Les retards ont poussé certaines personnes à renoncer complètement au vote, a souligné M. Peabody.

«Certaines personnes m’ont téléphoné et m’ont dit: « Je veux vraiment voter pour vous, mais je suis là depuis une heure et demie et maintenant, c’est fini »», a-t-il relaté.

Le candidat faisait des appels mardi pour convaincre les électeurs d’aller voter malgré tout.

M. Peabody affirme avoir toujours eu des doutes sur le vote en ligne, se disant inquiet des possibilités de piratage et de problèmes techniques.

La Loi sur les élections municipales doit être mise à jour, a-t-il suggéré.

«(Les élus) doivent étudier les problèmes de cybersécurité et de bande passante et les problèmes de propriété étrangère», a-t-il indiqué.

Au total, au moins une douzaine de municipalités ont prolongé d’un jour le vote pour leurs élections locales. Parmi ces municipalités, on retrouve Pembroke, Waterloo, le Grand Sudbury et plusieurs collectivités de la région de Muskoka.

Le reste des 417 courses municipales ontariennes se sont déroulées sans problème technique.

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