JASON FRANSON JASON FRANSON / La Presse Canadienne

LITTLE BUFFALO, Alb. — Près de 120 ans après d’autres nations, les Cris du lac Lubicon, dans le nord de l’Alberta, ont officiellement signé, mardi, un traité territorial avec la Couronne.

Ces Cris avaient été «oubliés» lors des négociations pour un traité régional à la fin du 19e siècle; beaucoup plus tard, ils se sont battus pendant 40 ans avant d’obtenir un règlement foncier qui doit apporter logement, éducation et soins de santé. Des dignitaires des gouvernements fédéral et albertain étaient à Little Buffalo, mardi, lorsque le chef Billy-Joe Laboucan a officiellement signé l’accord historique.

Les Cris du lac Lubicon avaient attiré l’attention du monde entier lorsqu’ils ont organisé une manifestation pendant les Jeux olympiques de Calgary en 1988. Un comité des Nations unies et Amnistie internationale avaient critiqué le Canada pour le traitement accordé à ces Autochtones.

Ignorés par la Couronne britannique lors des négociations du «Traité numéro 8», en 1899, les Cris du Lubicon passèrent des décennies dans les «limbes juridiques», même si le gouvernement fédéral décidait en 1939 qu’ils méritaient leurs titres de propriété sur les terres qu’ils occupaient.

Leur dossier a stagné jusque dans les années 1970, lorsque les sociétés pétrolières et gazières ont commencé à s’intéresser à ce territoire cri plus habitué au piégeage traditionnel qu’aux activités de forage. À ce moment-là, ces Autochtones étaient si pauvres que des maladies telles que la tuberculose représentaient un fléau pour la communauté.

L’accord conclu récemment sur la revendication territoriale couvre environ 245 kilomètres carrés, et une somme de 113 millions $ pour la reconstruction du village de Little Buffalo. Le chef Laboucan déclarait récemment que cette somme serait consacrée à des projets essentiels tels que des logements décents, une nouvelle école et un établissement de soins pour les personnes âgées.

Carolyn Bennett, ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, a déclaré mardi qu’aucun accord ne pouvait réparer complètement les torts causés aux Cris du lac Lubicon, mais qu’il était important de commencer à faire amende honorable. La première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a raconté qu’elle se souvenait d’avoir appris l’existence de cette «injustice flagrante» alors qu’elle était encore une enfant.

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