Jeff McIntosh/La Presse canadienne

OTTAWA — Quand une attraction devient gratuite, l’affluence grimpe, apparemment.

L’entrée gratuite sur les sites de Parcs Canada à l’occasion du 150e anniversaire du pays a attiré un nombre record de visiteurs en 2017. Quelque 2,5 millions de personnes supplémentaires ont visité les parcs nationaux et les lieux historiques du Canada, l’année dernière.

Mais dans les huit premiers mois de l’année 2018, le nombre de visiteurs a baissé de 10% par rapport aux chiffres de l’année dernière, pendant la même période. Dans certains sites, qui avaient vu leur affluence grimper en 2017, le nombre de visites a chuté de 30% cette année.

Parcs Canada s’attendait à ce que les gens soient beaucoup plus nombreux à fréquenter les parcs et les lieux historiques en 2017 et à ce qu’il y ait un retour à la normale l’année suivante, selon Ed Jager, le directeur de l’expérience du visiteur de Parcs Canada.

Le chef des sciences sociales chez Parcs Canada — l’agence dispose d’un chef des sciences sociales, d’un économiste et d’analystes de données — avait prédit avec exactitude la tendance observée en 2017, a indiqué M. Jager.

Mais la bonne nouvelle, selon lui, est que le nombre de visites en 2018 s’avère plus élevé que lors des années précédentes, alors qu’il y avait des frais.

En ce moment, l’entrée sur les sites nationaux est toujours gratuite pour les individus de moins de 18 ans, ce qui n’était pas le cas avant 2017. Les adultes doivent toutefois payer entre 3,60 et 9,80 $ par jour pour avoir accès aux différents lieux pendant une journée.

Entre le mois de janvier et le mois d’août, le nombre de visiteurs dans les parcs nationaux a grimpé d’environ 3% par rapport à 2016. La fréquentation des sites historiques est demeurée la même, mais les chiffres finaux pourraient changer, puisque certaines visites, dont celles de groupes, pourraient ne pas avoir été comptabilisées.

Encore mieux qu’en 2016
Kathleen Yetman, propriétaire du restaurant Birdie’s Perch et du Point Pelee Trading Post, en Ontario, confirme que ses établissements n’ont jamais connu une affluence aussi importante qu’en 2017.

«C’était un cadeau», a-t-elle confié.

Les établissements de Mme Yetman sont situés tout près du Parc national de la Pointe-Pelée, qui est présenté comme le point le plus au sud du pays, ainsi qu’un paradis pour les observateurs d’oiseaux. C’est là que Parcs Canada a enregistré la hausse la plus importante en 2017, avec 217 229 visiteurs de plus qu’en 2016. En juillet et en août, le nombre de visiteurs avait doublé d’une année à l’autre.

La propriétaire s’attendait à ce que les chiffres plongent en 2018, mais selon elle, l’affluence est tout de même plus importante cette année qu’en 2016.

«C’était encore très prospère et je crois vraiment que 2017 a amené plus de gens et qu’ils sont revenus en 2018», a-t-elle avancé.

Le nombre de visiteurs à la Pointe-Pelée a chuté de presque 40% dans les huit premiers mois de l’année, comparativement à 2017, mais il était malgré tout supérieur à l’année 2016 pendant la même période. En 2018, on faisait état d’environ 6% plus de visites qu’en 2016.

Mme Yetman aimerait malgré tout que le gouvernement tente une fois de plus l’expérience de la gratuité. Mais elle ne se fait pas d’illusion, et elle reconnaît que le gouvernement travaille fort pour attirer des visiteurs dans son coin.

«Pointe-Pelée ne fait que s’améliorer», a-t-elle soutenu.

Au parc national de Banff, en Alberta, avec ses quelque trois millions de visiteurs par année, demeure l’endroit le plus populaire du pays. Et son nombre de visiteurs a très peu bougé, malgré la gratuité.

Or, au musée du parc Banff, on avait enregistré une hausse de 230% des visites dans les huit premiers mois de 2017. Mais en 2018, pendant la même période, le nombre de visites est passé de 72 000 à 30 000 — ce qui est malgré tout quelques milliers de plus qu’en 2016.

Des retombées positives encore tangibles
Le gouvernement estime les coûts de la gratuité des parcs à environ 76M$.

Selon M. Jager, l’une des retombées positives du programme a été ces deux millions de personnes qui se sont abonnées à la liste d’envoi de Parcs Canada. D’après lui, cela a contribué à augmenter le nombre d’abonnements annuels aux parcs nationaux.

Ed Jager estime que les frais modestes qui doivent être payés par les visiteurs sont en fait «une bonne affaire».

«Si je vais voir un film avec ma famille, ça me coûtera probablement 40$ et peut-être même 80$ si je veux du maïs soufflé et un breuvage, comparativement aux 20$ à débourser pour une journée dans l’un des endroits les plus beaux de toute la planète», a-t-il conclu.

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