Jacques Boissinot/La Presse canadienne

QUÉBEC — Cinq universités en région se partageront une enveloppe supplémentaire de 7,5M$ cette année, a indiqué mardi le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

L’Université du Québec à Chicoutimi obtient la part du lion (2,1M$), suivie de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (1,8M$), de l’Université du Québec à Rimouski (1,6M$), de l’Université du Québec à Trois-Rivières (1M$) et de l’Université du Québec en Outaouais (1M$).

En conférence de presse à Québec, M. Roberge a indiqué que son gouvernement venait ainsi «corriger l’erreur» du précédent gouvernement, qui a éliminé une enveloppe de 15M$ dédiée au développement régional lors de la dernière révision de la politique de financement des universités.

Les libéraux ont augmenté les subventions totales versées aux universités de 197M$ cette année.

Les compressions de 15M$, «c’est quelque chose qui a mis à mal notre réseau des universités du Québec en région, (…) qui fait de la recherche souvent axée sur les besoins régionaux, qui nous assure une main-d’oeuvre qualifée et qui est un carrefour de développement social et économique», a déclaré M. Roberge.

Les nouvelles sommes injectées par son gouvernement, alors que la moitié de l’année financière est déjà écoulée, sont une «bouffée d’air frais», selon le ministre, qui n’hésite pas à qualifier ce geste d’exceptionnel.

«C’est assez rare que les gouvernements font ça, a-t-il soutenu. Ça n’a pas été facile d’aller chercher cet argent-là au milieu de l’année.»

Il ne s’est pas engagé à rétablir l’enveloppe de 15M$ l’an prochain, tout comme il ne promet pas de déplafonner complètement les droits de scolarité d’une majorité d’étudiants étrangers tel que prévu dans la politique, et comme le demande depuis longtemps l’Université McGill.

«On travaille à s’assurer qu’il y ait une équité pour l’ensemble des universités», s’est-il limité à dire.

Le ministre reconnaît par ailleurs que les universités québécoises sont sous-financées, ce que son chef François Legault n’avait pas reconnu en campagne électorale.

Le 29 septembre dernier, M. Legault avait refusé de régler le sous-financement des universités, un manque à gagner évalué à pas moins de 860M$ par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

La CCMM soutient que les universités québécoises reçoivent en financement gouvernemental 600$ de moins par habitant que la moyenne canadienne, soit 862M$ au total.

Mardi, M. Roberge a déclaré que des discussions se poursuivent avec toutes les universités dans le but de bonifier leur financement.

«Vous savez, pour notre gouvernement, la priorité c’est l’éducation et l’enseignement supérieur, a-t-il martelé. Il est possible que d’autres établissements voient leur financement bonifié.»

Entre temps, les universités en région du réseau de l’Université du Québec applaudissent la décision de mieux les soutenir.

«Pour l’Université du Québec à Chicoutimi, ce financement est une reconnaissance du rôle essentiel que joue notre institution dans le développement économique, social et culturel du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord», a notamment réagi la rectrice de l’UQAC, Nicole Bouchard, dans un communiqué.

Belles paroles
Selon le Parti libéral du Québec (PLQ), le gouvernement doit réinvestir beaucoup plus que 7,5M$ en enseignement supérieur, considérant que le surplus budgétaire du Québec frôle les 4G$.

En entrevue téléphonique à La Presse canadienne mardi, la porte-parole libérale en éducation et enseignement supérieur, Marwah Rizqy, s’est interrogée sur le poids réel du ministre Roberge au sein du conseil des ministres.

«Il a demandé 15M$ et on lui a juste donné la moitié, s’est-elle exclamée. Si vous mettez l’éducation et l’enseignement supérieur comme la grande priorité du nouveau gouvernement, il faut que l’argent suive.

«Il ne faut pas que ce soit juste des belles paroles», a-t-elle renchéri.

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