Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Charlotte Bouchard a expliqué jeudi que si sa décision d’engager des poursuites au criminel contre un Montréalais accusé de l’avoir harcelée sur internet pouvait aider une seule victime, le jeu en vaudra la chandelle.

La sœur cadette de la vedette canadienne du tennis Eugenie Bouchard a fait ces commentaires après avoir témoigné à l’audience préliminaire de Danny Arsenault. Le Montréalais de 40 ans est accusé de harcèlement criminel pour des envois de communications sur une période de trois ans à la jeune femme. Selon les accusations portées l’an dernier, le harcèlement allégué aurait duré de septembre 2014 à décembre 2017. M. Arsenault a été arrêté en février dernier.

«Je ne commenterai pas l’affaire, mais je dirai simplement que je suis très heureuse d’avoir décidé» de porter plainte, a déclaré Mme Bouchard, accompagnée de son père, à l’extérieur de la salle d’audience. «Espérons que cela en encouragera d’autres à dénoncer (…) Si cela peut aider ne serait-ce qu’une seule personne, alors j’en serai heureuse.»

La jeune femme de 23 ans était le seul témoin à l’audience préliminaire jeudi. Mme Bouchard a répondu aux questions du procureur de la Couronne Jean-Christofe Ardeneus, mais son témoignage est frappé d’une ordonnance de non-publication. L’affaire reprendra le 21 février, date à laquelle la Couronne annoncera si elle a l’intention de présenter d’autres témoins. L’audience préliminaire sert à déterminer si les preuves contre l’accusé sont suffisantes pour instruire un procès.

Au début de l’audience, M. Arsenault a indiqué au juge qu’il était au courant des preuves retenues contre lui, mais il a plaidé qu’à son avis, il n’y avait rien d’agressif ou d’offensant dans les gestes qui lui sont reprochés.

Après avoir été informé de ses droits par le juge Serge Delisle, de la Cour du Québec, M. Arsenault a demandé une ordonnance de non-publication, qui est automatiquement accordée à l’étape de l’audience préliminaire. Il a aussi choisi de se représenter lui-même, mais un avocat était présent pour contre-interroger Mme Bouchard en son nom, si nécessaire. L’accusé a finalement refusé de contester le témoignage de la présumée victime.

Le père de Mme Bouchard, Michel, avait attiré l’attention sur cette affaire dans un message sur Twitter, la semaine dernière, lorsque le joueur de hockey junior québécois Maxime Comtois a été victime d’une volée d’injures dans les médias sociaux. La recrue des Ducks d’Anaheim a dû faire face à une avalanche de messages haineux après avoir raté un tir de pénalité lors d’un match crucial au Championnat mondial de hockey junior. Le jeune homme a dû fermer la section commentaires sur sa page Instagram et mercredi, il a encouragé d’autres victimes d’intimidation sur internet à dénoncer ces dérapages haineux.

Charlotte Bouchard a quant à elle adressé un message clair à ceux qui se livrent à un comportement abusif en ligne: «Arrêtez-vous et réalisez que cela affecte les gens, et qu’il s’agit d’une atteinte à la vie privée, que ce n’est pas acceptable.»

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