Ryan Remiorz Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Même si près de 3000 demandes de plaques d’immatriculation personnalisées ont été refusées par la SAAQ, dont certaines parce qu’elles sont obscènes ou injurieuses comme FCKU et SALAUD ou qu’elles incitent à la violence, comme SNYPER, plus de 23 000 de ces plaques ont été livrées, ce qui a permis à la société d’État d’engranger des recettes de près de 6 millions $, selon des données obtenues par La Presse canadienne.

Depuis le 27 juillet, il est possible pour les Québécois d’obtenir une plaque unique et à leur goût pour leur véhicule, pour la somme de 249,50 $. Des frais annuels de gestion s’ajoutent.

L’engouement fut immédiat et réel.

Et depuis six mois, des voitures arborent ces nouvelles plaques qui font sourire ou qui piquent la curiosité.

Mais les automobilistes ne peuvent pas avoir n’importe quoi à l’arrière de leur bolide.

La Société de l’assurance-automobile du Québec (SAAQ) énonce sur son site web les conditions qu’il faut respecter et qu’elle fait appliquer.

Elle a donc refusé 2932 demandes depuis le début, selon les données compilées en date du 10 janvier.

Pourquoi? Parce que les règles interdisent les combinaisons injurieuses, qui «expriment un langage abusif ou péjoratif, ou un langage offensant connu dans n’importe quelle langue ou dans le langage texto». C’est le cas aussi pour celles qui expriment une idée obscène, scandaleuse ou de nature sexuelle. Au total, 341 demandes ont été refusées pour ces deux raisons.

La SAAQ a donc rejeté toutes les combinaisons contenant le mot FUCK et ses variantes: FCKY (pour Fuck You), MTHRFKR (pour mother fucker), FKIRMOM (Fuck your mom). SALAUD et MALAKA (une insulte en grec) n’apparaîtront pas non plus derrière une voiture au Québec.

Ne sont pas permises non plus les plaques qui incitent à la vitesse ou qui démontrent une insouciance à l’égard de la sécurité routière: ISPEED a été écartée, tout comme 2FAST et FASTER.

Les combinaisons laissant croire que le conducteur est une autorité publique? Refusées, comme ce fut le cas de POMPIER et de PARAMEDIC, car cela peut laisser croire qu’ils sont sur place pour se porter à l’aide de personnes en difficulté.

Pas question non plus d’avoir une plaque qui incite à la violence, comme SNYPER, qui est un mot anglais signifiant «tireur d’élite».

La SAAQ a aussi d’autres critères plus techniques à respecter: les plaques doivent être lisibles, ne pas dépasser le nombre de caractères permis, ne pas être une marque de commerce comme «NIKE», ne pas avoir trop de caractères consécutifs et identiques, ni la lettre «O». PANDA avait été refusé, indique la SAAQ, car il s’agit d’une marque de chaussures pour enfants, mais parce qu’il s’agit aussi d’un animal mignon, elle a finalement été délivrée.

Et puis, parmi celles refusées, certaines l’ont été parce que la combinaison avait déjà été choisie par d’autres personnes qui avaient été plus rapides sur la gâchette.

À 250 $ la pièce, 23 807 plaques signifient que les Québécois ont payé un total de 5,95 millions $ pour obtenir celle de leur choix. Évidemment, la SAAQ a aussi des coûts, notamment pour mettre son système informatique en place, traiter les demandes et livrer les plaques.

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