Denis Beaumont/Métro Louise Chabot, présidente de la CSQ

MONTRÉAL – Déçue du fait que le nouveau gouvernement du Parti québécois n’ait pas pleinement tenu ses promesses de taxation des plus hauts revenus, la Centrale des syndicats du Québec demande la tenue d’un sommet sur la fiscalité.

À l’occasion de son message de début d’année, vendredi, la présidente de la CSQ, Louise Chabot, a dit voir dans un tel sommet une bonne façon d’identifier de nouvelles sources de revenus pour le gouvernement, sans avoir à sabrer dans les services publics — ce qu’elle craint que le gouvernement fasse pour parvenir à l’équilibre budgétaire.

La CSQ s’est dite déçue des choix du gouvernement péquiste.

«Dans son programme, le Parti québécois avait proposé deux nouveaux paliers d’imposition, avait proposé de rehausser les redevances minières, avait proposé d’abolir la taxe santé, avait aussi proposé de s’attaquer à l’évitement fiscal. Il n’y a aucune de ces mesures-là qui a été mise de l’avant (sic). Et après quelques semaines où on nous a menacés, nous a dit que ça tuerait l’entreprise, que l’entreprise allait déménager ses pénates, le gouvernement a abandonné toutes ces mesures pour se retourner et, par des mesures conservatrices, ne vise qu’une chose: compresser dans les dépenses publiques», a déploré la dirigeante syndicale.

Un sommet sur la fiscalité aurait le mérite d’identifier de nouvelles sources de revenus, croit Mme Chabot, et d’éviter au gouvernement de devoir réduire les dépenses publiques pour parvenir à l’équilibre budgétaire.

La CSQ trouve visiblement que le nouveau gouvernement du PQ ne penche pas assez à gauche. «Il est malheureux de constater que les gens d’affaires exercent encore une influence démesurée sur le pouvoir à Québec. Les milieux d’affaires et certains lobbys de droite exercent une influence disproportionnée dans notre société qui est malsaine pour le bien commun», a opiné la présidente de la CSQ.

Un Conseil

Par ailleurs, la CSQ demande aussi la création d’un conseil économique, social et culturel, indépendant du gouvernement, qui effectuerait des recherches et des analyses sur ces sujets tout en adressant des recommandations au gouvernement.

Bien que l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) et l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) fassent déjà ce type d’études, Mme Chabot souhaite un conseil qui dispose d’un mandat plus large.

«Le développement économique doit aussi s’accompagner du développement social», a plaidé Mme Chabot.

Elle voudrait notamment que des représentants du milieu communautaire siègent à ce conseil économique, social et culturel, de même que des représentants syndicaux, et un nombre égal d’hommes et de femmes.

La CSQ représente quelque 200 000 membres, principalement dans le milieu de l’éducation.

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