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OTTAWA – Il y a un an, le premier ministre Stephen Harper livrait un discours sur l’économie à Davos dans lequel il exposait la restructuration économique du Canada.

Il annonçait la déréglementation économique pour permettre à des projets d’être mis en branle plus rapidement, revoyait les incitatifs gouvernementaux pour la recherche et le développement, annonçait des réformes en immigration et sur les retraites, puis mettait en place de nouvelles ententes commerciales à l’international.

Les députés fédéraux reviennent à Ottawa lundi, après plus d’un mois de congé parlementaire, et les politiques de M. Harper semblent s’être concrétisées, ou être en voie de l’être.

Le danger, pour un gouvernement conservateur qui atteindra la mi-mandat dans trois mois, est de perdre son air d’aller en cette période d’instabilité économique.

Dans une entrevue avec La Presse Canadienne dimanche, le leader parlementaire à Ottawa, Peter Van Loan, a rappelé que «la restructuration à long terme» constituait la majorité du budget de l’an dernier.

Il estime que cette «restructuration» a été effectuée avec succès, et que les conservateurs doivent à présent effectuer les suivis nécessaires après l’implantation de certaines mesures et «s’ajuster à l’environnement économique dans lequel nous sommes».

Quand même, le secteur immobilier est encore chancelant dans la majorité des provinces, les prix des denrées de base sont à plat, les malheurs économiques de l’Europe se succèdent et les Premières Nations exigent notamment un meilleur partage des profits liés à l’exploitation des ressources naturelles sur leurs territoires. Autrement dit, le printemps s’annonce chargé.

D’un point de vue plus positif pour le gouvernement en place, un récent sondage place les conservateurs dans une position qui pourrait leur permettre de profiter des changements qu’ils ont apportés au pays.

Des 1000 personnes interrogées dans un sondage Harris-Decima La Presse Canadienne, 50 pour cent se sont dit «assez» ou «très satisfaits» de la performance des conservateurs, tandis que 47 pour cent ont dit être «assez» ou «très insatisfaits».

«Bien que les Canadiens soient presque également divisés dans leur évaluation de la performance des conservateurs, il faut admettre qu’ils ont un effet polarisant sur le pays», analyse le président de Harris Decima, Allan Gegg, dans un communiqué.

Le sondage, qui a une marge d’erreur de 3,1 pour cent, 19 fois sur 20, révèle cette opinion partagée à 50-50 dans l’ensemble de la population, peu importe l’âge, les revenu ou le sexe des répondants.

En tenant compte des réformes controversées qui ont été introduites l’an dernier — l’âge officiel de la retraite est passé de 65 à 67 ans et des milliers de cours d’eau ont été soustraits du Programme de protection des eaux navigables, notamment —, les conservateurs doivent voir le verre à moitié plein, et non à moitié vide. La complaisance, toutefois, n’est pas une option.

Pour marquer la reprise des travaux à la Chambre des communes, les autochtones iront manifester sur la colline parlementaire lundi. Ils ont l’intention de démarrer leur marche à l’Ile Victoria, là où la chef Theresa Spence a jeûné pendant une quarantaine de jours. Surtout, ils rappelleront la promesse de M. Harper, qui a dit avoir l’intention d’aborder les problèmes qui déchirent les communautés autochtones depuis plusieurs décennies.

À l’intérieur du Parlement, les partis d’opposition devraient faire écho à leurs revendications, s’étant engagés jeudi dernier à reprendre la lutte de la chef d’Attawapiskat. L’attention qu’accordent les conservateurs au développement des ressources naturelles du nord du pays devrait également ramener les traités signés avec les Premières Nations à l’avant plan.

Par ailleurs, un accord de libre-échange avec l’Union européenne, l’un des engagements formulés par M. Harper à Davos, semble être sur le point de se concrétiser. Une hausse des coûts des médicaments, résultat d’une politique de brevet plus stricte, pourrait soulever l’ire des provinces, dont les budgets sont déjà serrés.

Le remplacement du directeur parlementaire du budget, Kevin Page, pourrait également créer des frictions. D’aucuns craignent que le gouvernement ferme son bureau en catimini et dénoncent la lenteur des conservateurs à lancer le processus de sélection du successeur de M. Page, dont le mandat de cinq ans arrive à terme sous peu.

«Chaque fois qu’il y a eu une mésentente entre Kevin Page, [le ministre des Finances] Jim Flaherty et le gouvernement conservateur, c’est Kevin Page qui a dit la vérité aux Canadiens», a récemment déclaré le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, en entrevue à Global.

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