Fondation Mira/Collaboration spéciale

Après une dizaine d’années de recherche sur le sujet, la Fondation Mira double son nombre de chiens destinés à venir en aide aux familles ayant un enfant avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Les chiens d’assistance jumelés à des familles avec un enfant autiste diminuent considérablement le stress chez les enfants et les parents, soutiennent des études réalisées par l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université de Sherbrooke dévoilées lundi par la Fondation Mira.

Actuellement, une soixantaine de familles bénéficient de ce programme d’assistance, mis sur pied par la Fondation en 2010. Les résultats positifs étudiés ont incité l’organisme à augmenter à 120 le nombre de chiens disponibles pour les familles avec un enfant ayant un TSA.

Des études menées entre 2003 et 2009 démontrent notamment que la présence du chien influence le cortisol salivaire sécrété par l’enfant et par les parents, ce qui permet de mesurer le niveau de stress et d’anxiété.

Chez les parents d’enfants ayant un TSA, le niveau de stress peut être comparable à celui d’une personne en état de stress post-traumatique ou d’un parent dont l’enfant est atteint du cancer, précise Stéphanie Fecteau, psychoéducatrice pour Mira, qui a réalisé son doctorat dans le cadre de cette étude.

La présence du chien vient donc jouer le rôle d’un catalyseur. «Les recherches ont démontré que le stress vécu par le parent n’est plus transmis à l’enfant; le chien vient amoindrir le stress de la famille», explique Mme Fecteau.

Le chien aide aussi les enfants qui ont développé un trouble du sommeil, ajoute-t-elle, comme si la présence du chien dans la maison les sécurisait. Cela donne donc du répit aux parents, qui peuvent dormir une nuit entière.

Julie Croizille, coordonnatrice de projets à la Fédération québécoise de l’autisme, confirme que plusieurs parents ont vu un résultat positif sur leur enfant avec l’arrivée du chien d’assistance dans leur famille. «Plusieurs familles nous ont dit être vraiment ravies du résultat, précise-t-elle. Les parents voient des effets directs sur leur enfant.»

Comme le chien accompagne l’enfant dans pratiquement tous ses déplacements, cela devient plus facile pour les parents de gérer les situations de crise en public. «La présence du chien vient diminuer l’impact des alentours, parce que l’enfant devient identifié, explique Mme Fecteau. On comprend que ce n’est pas parce que l’enfant est mal élevé, mais peut-être parce qu’il a un besoin spécifique.»

Toutefois, l’assistance d’un chien Mira dans les cas d’autisme est encore assez méconnue de la population, qui est surtout habituée de voir des chiens Mira accompagner des personnes aveugles, note Mme Croizille. Le phénomène gagne donc à être plus connu, pour éviter les regards d’incompréhension.

«Nous avons d’ailleurs réalisé une capsule vidéo, qui met en scène Julien, qui vit avec un chien Mira depuis quelques années, dans le cadre du mois de l’autisme, pour sensibiliser les gens à cette situation», ajoute-t-elle.

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