QUÉBEC – Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) rejette le rapport D’Amours et veut plutôt négocier des ententes à la pièce pour remettre les régimes de retraite sur les rails.

L’approche «mur-à-mur» proposée dans le rapport révèle une démarche «prétentieuse» et biaisée en faveur du patronat, ont soutenu mercredi les représentants du SCFP au premier jour des consultations particulières en commission parlementaire sur les recommandations du groupe de travail présidé par Alban D’Amours.

«La voix syndicale n’est pas présente au sein du comité D’Amours. Nous, on a 50 ans d’expérience sur le terrain et on voit que le souci du comité D’Amours est d’alléger le fardeau des employeurs, d’éliminer le risque pour les employeurs, le transférer aux travailleurs et diminuer leurs conditions à la retraite», a dénoncé le secrétaire général du syndicat, Denis Bolduc, en point de presse à Québec.

Au lieu de remettre en question les droits acquis et plutôt qu’une réforme en profondeur du mode de financement des retraites, le SCFP préconise la voie de la négociation entre travailleurs et employeurs. Cette approche a été couronnée de succès depuis deux ans au SCFP avec des ententes avec les villes de Montréal, Laval, Saguenay et l’Université de Montréal, a fait valoir le directeur adjoint du SCFP, Marc Ranger

«À Montréal, on a demandé aux (cols bleus) de hausser de trois pour cent leurs cotisations, on a permis à l’employeur de baisser de trois pour cent ses coûts dans le régime de retraite, on a repoussé l’âge de la retraite. On a pris des mesures courageuses qui ont été entérinées à 95 pour cent par 3000 employés. Nos gens sont prêts à prendre des décisions courageuses pour sauver leur régime de retraite», a-t-il affirmé, reprochant au comité D’Amours de vouloir passer «la hache» dans les rentes de retraite.

Le SCFP plaide pour la négociation mais prévoit un mécanisme de sortie de crise en cas d’impasse. Si les parties n’arrivent pas à s’entendre sur les modifications à apporter au régime de retraite pour en assurer la viabilité, la ministre du Travail, l’employeur ou le syndicat pourraient faire appel à un conciliateur, a précisé M. Ranger. Le comité de conciliation aurait jusqu’à quatre mois pour faire connaître ses recommandations.

Représentant 110 000 salariés oeuvrant notamment dans les municipalités, universités, organismes publics et sociétés d’État, le SCFQ suggère aussi la création d’une réserve de stabilisation pour prévenir de nouvelles catastrophes financières — comme le choc boursier de 2008.

«On dit, donnez-nous le temps de faire les choses intelligemment, on demande de la souplesse au gouvernement (…) Quand M. D’Amours dit qu’il a fait consensus, c’est faux. Il est en train de s’isoler dans un coin avec des recommandations trop radicales», a avancé M. Ranger.

Déposé le printemps dernier, le rapport D’Amours recommande en outre des changements à la «Loi sur les régimes complémentaires de retraite» pour faciliter «le partage des coûts» entre les participants et les employeurs. Il propose d’allouer une période de cinq ans aux employeurs, syndicats, participants actifs et retraités pour restructurer les régimes à prestations déterminées.

Les régimes de retraite sous la juridiction de la Régie des rentes du Québec (RRQ) — essentiellement ceux des municipalités et des universités — accusent un déficit dépassant les 40 milliards $.

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