Yves Provencher/Métro Jonathan Lemieux

Manger (correctement) pendant trois ans avec presque exclusivement des produits Dollarama, c’est possible. L’auteur Jonathan Lemieux en fait la preuve avec Survivre avec une poignée de change, un livre de 90 recettes uniquement réalisées avec des produits Dollarama. Estomacs sensibles s’abstenir.

Bon et pas cher
Quand il retourne aux études, Jonathan n’a que 840$ par mois pour vivre et moins de 30$ par semaine pour manger. Heureusement, il est créatif. «Dollarama m’a permis d’économiser beaucoup d’argent, mais manger uniquement leurs plats tous préparés, ça aurait été plus que pénible», confie le jeune homme.

«Ce livre est un kit de survie que des parents pourraient offrir à leurs enfants qui partent en appartement. Il s’adresse aussi à ceux qui veulent apprendre les bases de la cuisine», ajoute-t-il.

En effet, pas besoin d’être client du magasin à 1$ pour réaliser les recettes du livre. Lors de notre diète Dollarama, cet été, nous avions constaté que la cinquantaine de produits achetés existaient tous au supermarché… mais se vendaient 59% plus cher.

Le plus grand défi pour l’étudiant aura été de concevoir des recettes alors que Dollarama ne vend ni œuf, ni beurre, ni lait de vache.

Pour sa pâte à crêpes, il remplace les œufs par de la mayonnaise et le lait par du bouillon de poulet (crêpes salées) ou du café infusé (crêpes sucrées). Nous y avons goûté et effectivement, ça marche!

Mentions aussi pour la succulente soupe aux cornichons. On aurait aussi aimé tester le cupcake à la poutine ou le biscuit à la moutarde, mais dans la vie, il faut faire des choix!

Briser des mythes

  • En trois ans il n’a jamais été malade, contrairement à ce que certains pourraient penser.
  • Les grandes épiceries vendent pratiquement les mêmes produits.
  • Il a cuisiné des recettes Dollarama sans que ses amis ne s’en rendent compte.
  • Ceux qui achètent des aliments Dollarama ne sont pas forcément dans le besoin.

Attention à la santé
Même si l’entreprise Dollarama se défend bien d’agir en tant qu’épicerie, plusieurs ont remarqué que son offre alimentaire s’est nettement élargie avec les années.

En observant les clients aux caisses, ces mêmes personnes ont constaté que plusieurs personnes semblent réaliser une grande partie de leurs courses au Dollarama. Or, manger uniquement chez Dollarama sur une longue période n’est pas à conseiller, clame la nutritionniste Geneviève Nadeau.

«Si on le consomme en trop grande quantité, le sodium qui sert à la conservation des aliments provoque un durcissement des artères, une augmentation de la pression artérielle et des risques d’hypertension chronique», selon elle.

Elle suggère d’ailleurs à Dollarama d’offrir des conserves de légumes avec la mention sans sel ajouté, ce que font déjà les principales épiceries.

Solutions alternatives
Capture d’écran 2013-09-24 à 15.14.01Si manger chez Dollarama coûte peu cher, plusieurs autres solutions existent, croit Beccah Frasier, stagiaire au Santropol Roulant, un organisme qui utilise la nourriture pour briser l’isolement social.

Elle cite notamment le marché citoyen de la Petite-Bourgogne, qui vend des produits frais abordables. Elle cite aussi différentes initiatives communautaires à saveur culinaire telles que Ateliers Boîte à Lunch, dans Notre-Dame-de-Grâce, ou Un Plant de tomate à la fois, à Verdun.

Elle aurait aussi pu mentionner le réseau de cuisines collectives, où des citoyens se réunissent pour cuisiner ensemble tout en partageant les coûts. Les plus efficaces arrivent à concocter des menus équilibrés tournant autour de 2$ à 3$.

 

 

 

Survivre avec une poignée de change- Les éditions Transcontinental – En librairie jeudi 26 septembre.

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