MONTRÉAL – Le prestigieux cabinet d’avocats Heenan Blaikie met fin à ses activités. Une dissolution complète de l’organisation, fondée à Montréal en 1973, s’effectuera au cours des prochains mois.

Le cabinet Heenan Blaikie comptait dans ses rangs de nombreuses personnalités, dont l’ancien premier ministre du Canada, Jean Chrétien, l’ancien premier ministre du Québec, Pierre Marc Johnson, et l’ex-juge de la Cour suprême du Canada, Michel Bastarache. L’ancien premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, a aussi agi à titre d’avocat-conseil, pendant plus de 15 ans pour la firme, jusqu’à son décès en 2000.

Mercredi soir, un vote a été mené dans plusieurs bureaux du cabinet d’avocats, à la fois à Montréal, mais aussi ailleurs au pays. Les détails du résultat n’ont pas été divulgués.

Il a été décidé qu’une «dissolution ordonnée» se déroulerait, afin de permettre de servir les clients actuels de la firme «sans interruption ou perturbation de services», a fait savoir l’entreprise dans un communiqué laconique publié au terme des réunions tenus dans les différents bureaux du cabinet partout au pays. .

Heenan Blaikie comptait dans ses rangs, encore au cours des derniers mois, quelque 500 avocats. Ils étaient répartis dans huit bureaux à travers le Canada.

«La décision découle d’une analyse en profondeur des options de restructuration qui s’offraient à la firme dans le contexte actuel du marché des conseils juridiques au Canada», a expliqué le cabinet.

La firme a aussi indiqué, dans sa déclaration, que «plusieurs groupes de pratique, voire des cabinets entiers, poursuivront leurs activités sous de nouvelles dénominations».

C’est notamment le cas du bureau sherbrookois d’Heenan Blaikie. «La plateforme nationale disparaît, mais nous poursuivons nos activités. Il faut juste se réajuster un peu, mais le bureau de Sherbrooke demeure en activité. C’est pareil aujourd’hui que ce l’était hier», a indiqué Alain Heyne, l’un des associés du bureau de Sherbrooke.

Au cours des derniers jours, l’éventuelle fermeture du cabinet a été accueillie avec consternation par plusieurs avocats des bureaux situés à l’extérieur du Québec.

Une source au sein de l’organisation a indiqué que la disparition du cabinet constituait une très mauvaise nouvelle pour l’ensemble du monde juridique canadien. Si une certaine diminution du nombre de contrats était observable dans certains bureaux, il demeure que la santé financière du cabinet aurait pu permettre la poursuite des activités, a insisté cette source.

«Notre firme disparaît, mais ceux qui faisaient sa réputation vont rester dans le domaine et simplement travailler ailleurs. Et nous voulons que les changements affectent le moins possible nos clients», a indiqué un avocat de Vancouver, qui a aussi souhaité garder l’anonymat.

Il a indiqué qu’encore plus tôt en journée, certains de ses collègues étaient persuadés qu’il était encore possible de sauver l’entreprise. Un différend, dont la nature n’a pas été rendue publique entre certains hauts dirigeants, n’a de toute évidence pas pu être réglé, conclu-t-il.

De nombreux avocats d’Heenan Blaikie ont été recrutés au cours des dernières semaines par des concurrents et l’annonce de mercredi ne devrait qu’accélérer les départs.

La fin des activités d’Heenan Blaikie constitue la plus importante dissolution d’un cabinet d’avocats au pays depuis la fermeture de Goodman & Carr, en 2007. Environ 140 avocats avaient alors dû se trouver un autre emploi.

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