Jacques Boissinot Diane De Courcy. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Le gouvernement Marois dépoussière la loi sur l’immigration pour sélectionner plus rapidement les candidats les mieux adaptés aux besoins du marché de l’emploi.

La ministre de l’Immigration, Diane De Courcy, a déposé mardi à l’Assemblée nationale le projet de loi 71 qui met à la page la loi adoptée en 1968. Axée sur un traitement des demandes d’immigration à la «queue-leu-leu», la vieille législation a occasionné au fil des ans de longs délais d’attente.

«Le monde a changé mais la loi sur l’immigration n’avait pas suivi. Ce qu’on est en train de faire, c’est de s’adapter au monde d’aujourd’hui», a expliqué Mme De Courcy, en conférence de presse.

Pour accélérer le traitement des demandes et surtout pour recruter les meilleurs candidats, le gouvernement implantera un système en ligne de «déclaration d’intérêt» des personnes intéressées à s’établir au Québec. Certains pays, comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, ont adopté cette approche et le Canada s’apprête à joindre le mouvement. En fonction des besoins du marché du travail, Québec pourra choisir dans une «banque de candidatures» les meilleurs dossiers de déclaration d’intérêt et inviter les candidats à soumettre promptement une demande formelle d’immigration.

«Il s’agit d’aller chercher des groupes de personnes qualifiées, par exemple des ingénieurs spécialisés en électrification des transports, des travailleurs miniers qui contribueront au Nord pour tous ou des orthophonistes pour nos écoles. Cette méthode comporte de nombreux avantages. La déclaration d’intérêt permettra de tirer parti du grand nombre de demandes plutôt que d’engorger le système», a expliqué la ministre.

Avec les changements apportés par le projet de loi 71, Québec pourra sélectionner en «continue» les immigrants qui répondent le mieux aux impératifs du marché et en vertu de critères tels que la connaissance de la langue, l’âge, les qualifications et la diplômation.

Selon Mme De Courcy, le nouveau système écourtera considérablement les délais de traitement des dossiers qui peuvent à l’heure actuelle atteindre cinq ans, en incluant les modalités fédérales. L’effet pervers de cette liste d’attente interminable est que des immigrants débarquent souvent au Québec en fonction de dossiers reçus des années auparavant et de besoins en main-d’oeuvre qui ne sont plus prioritaires.

«L’approche ‘premier arrivé, premier servi’ était une fausse ouverture, à mon avis. Cela créait, et encore plus au cours des dernières années, des taux chômage très élevés avec aussi des problèmes qui vont se répercuter dans les familles, pour les enfants. Pour une personne immigrante, comme pour une personne native du Québec qui n’a pas d’emploi, ça a des répercussions sur la réussite des enfants à l’école», a-t-elle soulevé.

Les demandes d’immigration vers le Québec dans la catégorie économique n’ont cessé de croître ces dernières années et les délais de traitement s’allongent à l’avenant. L’inventaire des demandes est aujourd’hui d’environ 80 000 dossiers après avoir atteint un sommet de près de 100 000 en 2011, a indiqué la ministre.

L’immigration est une compétence partagée avec le fédéral. Le gouvernement du Québec sélectionne environ 35 000 des quelque 50 000 arrivants qui s’établissent dans la province chaque année.

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