Graham Hughes Mario Desmarais, Michel Arcand,. Graham Hughes / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Deux cellules majeures de la mafia italienne ont été démantelées jeudi par les policiers de l’Unité mixte d’enquête sur le crime organisé de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Au total, 33 personnes ont été arrêtées dans plusieurs régions du Québec, notamment à Montréal, Laval et Québec. Un autre suspect est toujours recherché, selon la police fédérale.

Ces réseaux étaient très structurés et dangereux, selon la GRC. Ils visaient le contrôle du trafic de stupéfiants ainsi que le droit de faire du commerce dans des territoires respectifs à Montréal.

«Ils avaient leurs rôles respectifs dans le cadre de la prise de territoire et du contrôle de territoire. Chacun avait son rôle dans chacun des territoires», a expliqué le surintendant Michel Arcand, de la GRC, en conférence de presse.

Des communications interceptées par la police ont permis de constituer la preuve. Plus d’un million de messages privés de type «Pin to Pin» utilisant des appareils BlackBerry, une technologie jusqu’ici réputée inviolable, ont été interceptés, décryptés et analysés pour fournir la preuve recherchée contre les suspects.

«Il s’agit de la plus importante interception du genre ayant été menée dans le cadre d’une enquête majeure en Amérique du Nord», a expliqué le surintendant Arcand.

L’une des cellules démantelées était dirigée par les frères Antonio et Roberto Bastone, l’autre par Giuseppe De Vito, aujourd’hui décédé. Elles étaient venues combler le vide laissé par l’opération Colisée qui avait, en 2006, décimé la mafia italienne et déclenché une violente guerre de pouvoir.

«À l’époque, l’instabilité qui régnait au sein du crime organisé traditionnel italien avait provoqué d’importantes vagues de violence à Montréal», a rappelé Michel Arcand.

«Les individus qu’on a arrêtés aujourd’hui (jeudi) faisaient partie un peu de la relève dans le milieu criminel de souche italienne», a-t-il ajouté.

Ces arrestations sont le point culminant d’une enquête de longue haleine baptisée «Clemenza», amorcée en octobre 2010. Au cours de cette enquête, les policiers avaient découvert, en février 2011, une impressionnante cache d’armes contenant, entre autres, 14 armes à feu dont une douzaine d’armes automatiques et semi-automatiques, certaines étant de type militaire de très gros calibre. Des explosifs avaient également été saisis.

Ils avaient également résolu une affaire d’enlèvement et d’extorsion survenue aussi en 2011 et débusqué plusieurs opérations de production, d’importation, d’exportation et de trafic de stupéfiants dans une prison et dans des bars.

Des quantités considérables de stupéfiants ont été saisies en cours d’enquêt. Jeudi, les policiers ont également annoncé la saisie de deux résidences appartenant à Roberto Bastone à Laval et à Saint-Côme et deux comptes bancaires, le tout évalué à plus d’un million de dollars.

Les personnes arrêtées feront notamment face à des accusations de complot, gangstérisme, importation, trafic et possession de stupéfiants, enlèvement et séquestration, possession d’armes et d’explosifs, incendies criminels, extorsion et voies de fait.

Un total de 87 chefs d’accusation ont été déposés contre les suspects.

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