Yves Provencher/Métro Jonathan Brun

Alors que les Suisses se prononceront en 2015 sur la création d’un revenu minimum garanti, l’Université McGill accueille du 27 au 29 juin un colloque pour faire le point sur ce concept qui obtient des appuis aussi bien à gauche qu’à droite. État des lieux avec Jonathan Brun, porte-parole québécois du Réseau canadien pour le revenu garanti.

C’est quoi un revenu minimum garanti (RMG)?
C’est un concept qui prévoit que chaque citoyen devrait recevoir un revenu minimum sans contrainte et sans condition pour lui permettre de vivre dans la dignité. Le montant serait plus élevé que le bien-être social et serait versé sans condition. À titre indicatif, Québec solidaire avait estimé ce montant à 12 600$ par an. Ce genre de revenu aiderait par exemple une mère monoparentale à payer un camp d’été à ses enfants où à suivre une formation professionnelle afin d’améliorer son sort.

On entend souvent dire que les gens ne travailleraient plus…
Ce type de revenu ne remplace pas le travail, il peut être calculé pour compléter les revenus tirés du travail. Un des modèles proposés est sous forme de remboursement d’impôt. Par exemple, si on fixe le RMG à 25 000$ par an et que tu as gagné 17 000$ dans l’année, l’État t’envoie un chèque de 8000$ (25 000$- 17 000$) pour compléter le tout. Au-delà de 25 000$, les gens ne toucheraient rien. L’État doit alors bien évaluer le montant de base pour permettre aux moins bien nantis de sortir de la pauvreté tout en évitant qu’il ne soit trop élevé ce qui aurait pour conséquence de décourager une trop grande partie de la population de travailler.

Comment est-ce que cela se financerait?
Il y a plusieurs options qui seront discutées pendant le congrès. Par exemple, en instaurant un revenu minimum garanti, on supprimerait une foule de programmes coûteux et complexes à administrer, tels que le bien-être social, l’assurance-emploi, les bourses pour les étudiants. Si le nouveau programme est administré par les provinces,on pourrait aussi utiliser des redevances sur les ressources naturelles, comme le fait l’Alaska avec son Permanent Fund. Nous pourrions également utiliser les transferts de péréquation pour distribuer l’argent directement aux citoyens plutôt qu’aux gouvernements provinciaux. Mais c’est certain que la formule idéale reste à déterminer, et c’est pour cela qu’on a invité des chercheurs internationaux qui se sont penchés sur la question.

Pourquoi le Canada et le Québec n’emboîtent-ils pas le pas?
Le ministre québécois de l’Em­ploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a déjà écrit un livre sur le sujet. Mais le gouvernement n’est pas prêt à suivre cette voie. Même si cette idée est soutenue par des gens de gauche (solidarité) comme de droite (simplifier la bureaucratie), on manque encore d’informations sur les coûts et les bénéfices. Il sera intéressant de suivre le congrès ainsi que l’expérience de la Suisse, qui doit tenir un référendum sur la question en 2015.

Le 15e International Congress of the Basic Income Earth Network
À l’Université McGill
du 27 au 29 juin

 

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