Archives Métro Plusieurs dizaines de milliers d'étudiants ont marché dans les rues de Montréal, le jeudi 22 mars.

MONTRÉAL – Les leaders étudiants se disent confiants de voir la grève se poursuivre malgré la menace d’annulation de la session, et entendent maintenir la pression par une autre grande manifestation à Montréal samedi prochain, le 14 avril, pour souligner le 9e anniversaire de l’élection des libéraux de Jean Charest.

«Les gens se disent qu’il y a déjà des impacts en ce moment sur leur session, alors, tant qu’à être en grève, on va le faire jusqu’au bout pour qu’on ait des résultats, pour qu’on ait une grève gagnante», a expliqué lundi le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin. «On est confiants qu’en ce moment ce que l’on fait, c’est une mobilisation non seulement pour nous mais qui va également paver la voie pour les mobilisations futures au Québec. Donc, on pense qu’on n’a pas le droit à l’échec.»

Cependant, le discours de la plus radicale des associations, la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), s’est adouci, alors qu’elle réclame désormais le gel des droits de scolarité, remettant à plus tard la revendication en faveur de la gratuité scolaire.

La CLASSE et les fédérations étudiantes collégiale (FECQ) et universitaire (FEUQ) se sont entendues pour négocier ensemble sur la base de leur opposition à la hausse des droits de scolarité de 1625 $ étalée sur cinq ans. Leurs représentants disent être en attente d’une invitation à négocier de la part de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp.

«Nous avons une position de gratuité scolaire, mais il n’a jamais été dit que nous revendiquions cette année la gratuité scolaire, a soutenu l’une des porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds. Nous allons avoir un comité de négociation conjoint (avec la FEUQ et la FECQ) qui va être sur la base d’un gel des frais de scolarité en 2012, et on va travailler conjointement. On peut aborder la gratuité scolaire comme projet de société mais en ce moment, ce n’est pas la revendication principale de la CLASSE.»

Lundi, les étudiants ont tenu un rassemblement familial à la place Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal, auquel plus d’un millier de personnes ont participé, malgré une fine pluie et un temps plutôt frisquet. L’événement s’est déroulé dans l’ordre.

Les leaders du mouvement souhaitent que la manifestation de samedi prochain, à laquelle sont conviés les centrales syndicales et les groupes sociaux, déborde largement le thème des frais de scolarité pour toucher les questions d’inégalité sociale, de corruption et d’autres revendications d’ordre social.

«Il fallait trouver un élément pour aller encore plus loin, et pour nous, la manière d’aller plus loin, c’était d’élargir la lutte, d’élargir politiquement nos revendications», a expliqué Gabriel Nadeau-Dubois, de la CLASSE.

Les étudiants espèrent être les précurseurs de ce qu’ils appellent «un printemps québécois», dans la mouvance du printemps arabe qui a notamment fait tomber les régimes autoritaires en Égypte, en Libye et en Tunisie, et provoqué une guerre civile qui perdure en Syrie.

«C’est un gouvernement qui ne sert pas la population, que ce soit en augmentant les frais de scolarité, en imposant une taxe santé, en augmentant les tarifs d’Hydro-Québec», a indiqué M. Nadeau-Dubois.

«Il y a eu le scandale sur les gaz de schiste, les scandales sur la corruption, un taux d’insatisfaction qui ne dérougit pas envers le gouvernement libéral de Jean Charest, et ça va être l’occasion pour l’ensemble de la population de dire non seulement qu’elle est en appui aux étudiants, mais qu’il est temps de contester de manière plus générale la direction que prend le Québec.»

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