Métro a appris que des inspecteurs vérifieront les dates d’expiration des médicaments vendus dans 50 pharmacies du Québec dès le mois de mai. Selon nos sources, des pharmacies ayant fait l’objet de plaintes seront vérifiées, alors que d’autres seront choisies au hasard. Les inspections seront effectuées par l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ).

L’an dernier, une enquête menée par l’émission d’affaires publiques JE avait révélé que plusieurs pharmacies vendaient des médicaments périmés. Dans certains cas, les produits étaient expirés depuis plus d’un an et étaient vendus au rabais.

L’article 57 du Code de déontologie des pharmaciens interdit de «vendre, donner ou distribuer un médicament périmé». Cependant, les pharmacies ne sont pas obligées d’avoir une politique pour prévenir la vente de ces médicaments.

Selon la directrice générale de l’OPQ, Manon Lambert, ce contexte place les pharmaciens dans une situation potentielle de négligence. «L’erreur est humaine. Lorsqu’on n’a pas de politique, on s’expose à la négligence», a affirmé Mme Lambert à Métro dimanche .

Au cours des dernières an-nées, le modèle d’entreprise des pharmacies a considérablement changé, explique Mme Lambert. «Une petite pharmacie pouvait très bien fonctionner avec une politique verbale, a-t-elle précisé. Mais plus on grossit, plus on a un roulement d’employés, et plus on est à risque.»

Mme Lambert n’exclut pas une seconde vague d’inspections. «Si la situation n’est pas sous contrôle, nous aurons des décisions à prendre», a-t-elle conclu.

 

Légiférer contre la pénurie de médicaments

Selon la présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ), Diane Lamarre, le problème de pénurie des médicaments date de plusieurs années. «La situation s’est détériorée depuis 2006. Les ruptures de stock sont de plus en plus longues. Ça peut durer des mois», a-t-elle expliqué en entrevue à Métro.

La compagnie Sandoz a dû ralentir ses activités en février dernier, ce qui a provoqué une pénurie de médicaments injectables partout au Canada. Depuis, les intervenants du monde de la santé sont sur le qui-vive.

Pour remédier à la situation, le groupe de travail proposera la création d’un organisme qui surveillera les stocks de médicaments. «Nos recommandations sont basées sur ce qui se fait ailleurs, en France ou aux États-Unis par exemple», a poursuivi Mme Lamarre.

La présidente attribue les ruptures de stock à trois facteurs. D’abord, la fabrication des matières premières est délocalisée dans des pays émergents comme la Chine et l’Inde. «Ça nous rend très vulnérables», a déploré Diane Lamarre. Ensuite, les pays industrialisés ont rehaussé leurs standards pour la fabrication des médicaments. Cette réalité cause des modifications à la chaîne de production et ultimement des retards.

Enfin, la mondialisation entraîne des fusions d’entreprises, selon l’OPQ. Sa présidente explique que cette réalité limite la concurrence et augmente la vulnérabilité du marché à des pénuries.

Inspections
Les inspecteurs vérifieront trois éléments dans les pharmacies.

 

  • La présence de médicaments périmés sur les tablettes.
  • L’existence d’une politique pour éviter la vente de médicaments périmés.
  • L’application adéquate de ladite politique.

 

Recommandations

  • Le comité de travail a été créé en mars 2010. Il est formé des groupes suivants :
  • Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ);
  • Collège des médecins du Québec (CMQ);
  • Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP);
  • Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES).

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