Chantal Lévesque/Métro Serge Brochu, vice-recteur adjoint à la recherche, est l'un de ceux qui a traversé jeudi dernier la haie d'honneur, à l'entrée d'une rencontre de direction, formée par une centaine d'étudiants de l'Université de Montréal pour demander symboliquement de protéger les bourses et les auxiliaires de cours.

Étudiants et professeurs ont dénoncé mercredi une deuxième vague possible de compressions dans le réseau universitaire.

Abolitions de cours et de services aux étudiants, réduction de l’encadrement pédagogique, c’est ce qui arrivera sans aucun doute si des compressions budgétaires supplémentaires sont imposées aux universités, croient la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) et l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).

Selon des informations publiées mercredi par le journal La Presse, un effort budgétaire supplémentaire d’au minimum 25 M$ serait imposé cette année aux universités québécoises. C’est aussi l’information qu’avait eu la FEUQ. «On en avait eu vent. Ça se parlait dans plusieurs universités. On croit que l’ensemble des recteurs ont effectivement été rencontrés à ce sujet au début de mois», a dit Jonathan Bouchard, président de la FEUQ.

Il faut dire que l’enseignement supérieur fait déjà face à des compressions de 172 M$ cette année. Plusieurs universités se cassent déjà la tête pour éviter le déficit. «On est déjà inquiet des compressions qu’on doit faire dans l’année. Certains cours seront regroupés ou annulé cet hiver», a souligné Mathieu Filion, responsable des relations avec les médias à l’Université de Montréal.

La FQPPU parle de «désastre annoncé». De son côté, la FEUQ estime qu’il sera particulièrement difficile pour les universités d’appliquer une deuxième ronde de coupures en plein milieu de leur année financière. «Elles auront seulement six mois pour réaliser ces économies», a fait remarquer M. Bouchard.

En marge d’un manifestation, le 31 octobre, contre «les mesures d’austérité» du gouvernement Couillard, l’ASSÉ a annoncé qu’une vingtaine d’associations étudiantes de cégeps et d’universités au Québec tiendraient des votes de grèves.

Véronique Hivon, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement supérieur, a dénoncé le silence du ministre de l’Enseignement supérieur, Yves Bolduc, sur cette question. «Il doit dire si, oui ou non, il est acceptable pour le gouvernement libéral qu’il y ait des compressions directes dans l’offre de cours des universités», a déclaré Mme Hivon.

De son côté, le ministre Bolduc a refusé de commenter les scénarios évoqués dans les médias. «On s’est donné comme objectif l’équilibre budgétaire et tous les ministères vont y participer. On va accompagner les universités pour protéger les services aux étudiants», s’est contentée de dire son attachée de presse, Yasmine Abdelfadel.

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