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Les professeurs de plusieurs universités du Québec ont dénoncé jeudi, les conditions de travail dans lesquels ils doivent enseigner depuis que la police et les gardes privés ont investi leur campus.

Les professeurs dénoncent la judiciarisation du conflit et le climat malsain qui en découle, selon eux. «Nos professeurs subissent l’intimidation d’agents de sécurité et de policiers, affirme Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeurs d’université. Certains se sont fait arrêter et tout cela crée un climat de peur intolérable sur nos campus.»

Jean Portugais, président du Syndicat général des professeurs de l’Université de Montréal (SGPUM) a précisé que certains des agents présents à l’Université de Montréal (UdeM) portaient des armes à feu et des matraques. «On voit des gardiens de sécurité dans les couloirs qui hurlent sur les professeurs en leur disant : « Rentrez dans vos classes. » Cela est en train de créer un traumatisme chez les professeurs comme chez les étudiants», déplore le président du SGPUM.

La Fédération s’oppose au retour en classe forcé par les nombreuses injections qui tombent depuis quelques jours dans toute la province. «L’obligation d’enseigner amène une discrimination entre les étudiants, déclare Max Roy. Elle nous place en plus, dans une position intenable de devoir arbitrer des conflits d’opinions et de défier les décisions prises démocratiquement par les associations étudiantes.»

En Outaouais, la situation n’est pas meilleure selon le premier vice-président du Syndicat professeurs de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Martin Noël. «Les professeurs de l’UQO sont coincés entre les policiers, les injonctions judiciaires et les associations étudiantes», a-t-il fait savoir. Depuis le début de la semaine, les enseignants sont forcés d’y donner leurs cours puisqu’une injonction de la cour les y oblige.

Les professeurs ont souhaité se dissocier publiquement des positions prises par les universités et ont condamné la gestion de la crise par leurs administrations. Ils encouragent par ailleurs le gouvernement à écouter l’ensemble des étudiants et de leurs représentants pour sortir de cette crise. «M. le premier ministre, Mme la ministre de l’Éducation, votre silence est assourdissant», ont-ils conclu.

Manifestation

Des enseignants et des étudiants de l’UdeM ont manifesté jeudi pour dénoncer les prises de positions du recteur de l’UdeM. «Nous trouvons regrettable que l’administration de l’université ait tenté de briser le mouvement de grève par la force des tribunaux», a affirmé Ludvic Moquin-Beaudry, étudiant en philosophie et coporte-parole de la Table de grève de l’UdeM.

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