OTTAWA – De nombreux experts internationaux en médecine, éthique et droits de l’homme participent au tout premier Sommet canadien sur la douleur, mardi à Ottawa.

Cet événement d’un jour est organisé par la Société canadienne de la douleur et la Coalition canadienne contre la douleur.

L’inconfort représente l’une des principales raisons de consultation auprès d’un professionnel de la santé, mais souvent, la douleur aiguë et chronique n’est pas bien gérée, croit la docteure Mary Lynch, coprésidente du Sommet. Et aussi ironique que ça puisse sembler, les spécialistes vétérinaires sont mieux outillés que les professionnels de la santé pour encadrer la douleur.

La docteure Lynch précise que les étudiants en médecine vétérinaire reçoivent cinq fois plus d’enseignement de premier cycle sur la douleur que ne le font les étudiants en médecine. Pour tenter de remédier à cette situation, les membres de la coalition espèrent la mise en oeuvre d’une Stratégie nationale de la douleur.

Les quelques rares cliniques de traitement de la douleur chronique ne suffisent pas et peuvent avoir des listes d’attente de cinq ans pour un simple rendez-vous.

Manon Choinière, chercheure au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), croit que vivre avec la douleur peut avoir des conséquences sur la qualité de vie non seulement de la personne atteinte, mais aussi de son entourage.

«Plusieurs personnes qui souffrent de douleur chronique sont extrêmement isolées, ce qui a un effet sur l’humeur, l’anxiété, la dépression ou la colère. Ça peut chambouler une vie et finir par prendre toute la place», avance Mme Choinière.

Elle précise également que plusieurs personnes décident d’ignorer leur douleur par crainte d’être isolées par leurs proches. Elle réclame, elle aussi, une Stratégie nationale, qui permettrait notamment d’instaurer des exigences minimales de formation.

«La douleur a toujours une composante physique et une composante psychologique. La prise de médicaments n’est donc pas la seule option pour gérer cette douleur», précise Mme Choinière, qui parle de traitements mixtes qui comprennent aussi la physiothérapie ou la psychothérapie dans certains cas.

Le problème de la douleur est à la fois répandu et coûteux. Selon les données présentées lors du Sommet, près de six millions de Canadiens souffrent de douleur, que ce soit à la suite d’accidents de la route ou du travail, de maladies comme l’arthrite ou le cancer ou encore de blessures subies par d’anciens combattants.

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