OTTAWA – Le cabinet fédéral a approuvé en deux étapes les coûts exorbitants de 25 milliards $ reliés à l’achat de la flotte des chasseurs furtifs F-35 en 2008, a affirmé jeudi le vérificateur général du Canada.

Les partis de l’opposition estiment que les découvertes de Michael Ferguson sont essentielles afin de déterminer si le gouvernement conservateur a volontairement cherché à camoufler les coûts réels des F-35, ou s’il a été dupé par des hauts fonctionnaires des ministères de la Défense nationale et des Travaux publics.

Le vérificateur général a témoigné jeudi devant le comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes afin de fournir des détails au sujet du rapport qu’il a déposé le 3 avril sur l’achat d’une flotte de ces chasseurs furtifs.

M. Ferguson a dit ignorer qui exactement, au sein du cabinet, était au courant de l’importante sous-évaluation des coûts de la flotte des F-35. Il ne sait pas non plus pourquoi les ministres ont décidé de mettre de l’avant le chiffre moins élevé de 14,7 milliards $ au moment où ils faisaient face aux critiques du directeur parlementaire du budget au printemps 2011.

Les politiques du Conseil du Trésor, tout comme celles du ministère de la Défense nationale, obligent le gouvernement à inclure les coûts à long terme de tout achat majeur au budget des dépenses.

Michael Ferguson a déclaré que d’importants montants d’argent ont été écartés des déclarations publiques du gouvernement.

Le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, a reconnu qu’il était au courant de la différence entre les montants présentés, mais autant lui que Stephen Harper ont qualifié cet écart de détail comptable.

Les conservateurs ont adopté une nouvelle ligne de défense pendant la rencontre du comité, jeudi, présentant les données figurant dans le rapport du vérificateur général comme de simples estimations.

La députée albertaine Laurie Hawn, une ancienne officière de l’Aviation royale canadienne, a déclaré que la seule vraie donnée était en fait le coût d’achat des appareils, qui est de 9 milliards $, un montant que le gouvernement s’est engagé à ne pas dépasser.

Un important débat entoure le coût de ces chasseurs furtifs et le prix à payer pour leur entretien à long terme.

«Les budgets ne sont pas adoptés aujourd’hui, a dit Mme Hawn. Ce sont des estimations qui sont mises de l’avant.»

Dans son rapport, Michael Ferguson concluait que des coûts de 10 milliards $ — qui incluent l’entretien à long terme des appareils, les salaires des pilotes et le ravitaillement en carburant — n’ont pas été dévoilés au public.

Il est déraisonnable de tenter de prédire ces coûts 30 années à l’avance, a plaidé Laurie Hawn.

Mais selon le vérificateur général, l’achat de la flotte de F-35 représente une transaction majeure et elle nécessite, de ce fait, une analyse financière approfondie.

«C’est exactement la raison pour laquelle il est important que le gouvernement explique, s’il veut commencer à acheter ces appareils, quel impact potentiel est à prévoir sur le plan budgétaire dans le futur», a répliqué Michael Ferguson.

Les représentants du Nouveau Parti démocratique n’ont pas l’intention, pour leur part, de laisser le ministère de la Défense nationale s’en tirer aussi facilement, mais ils ont surtout suggéré que ce fiasco était attribuable à un leadership politique défaillant.

«Le ministre MacKay a perdu le contrôle de son propre ministère», a lancé le député néo-démocrate Malcolm Allen. «Pas seulement le ministre MacKay, mais aussi les ministres des Travaux publics. Ils ont perdu le contrôle de ce dossier», a ajouté le député ontarien.

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