Si le choix du site de Cacouna semble compromis, TransCanada étudie plusieurs autres sites pour implanter son terminal pétrolier, si l’on se fie aux documents déposés devant l’Office national de l’énergie (ONÉ).

Le projet de pipeline capable de transporter 1,1 million de barils de pétrole par jour prévoit l’installation d’un terminal maritime au Québec, ainsi qu’un autre au Nouveau-Brunswick. Mais la présence d’une pouponnière à bélugas a définitivement compromis le choix du site de Cacouna, proche de Rivière-du-Loup, selon La Presse qui cite des sources gouvernementales.

Le porte-parole de l’entreprise albertaine, Tim Duboyce, a affirmé mercredi à Métro que «ces affirmations concernant Cacouna sont inexactes. Nous n’avons pas pris de décision encore». L’entreprise fera connaître sa réponse d’ici le 31 mars.

Si les informations de La Presse s’avèrent exactes, cela ne signifie pas forcément la fin de la construction d’un nouveau terminal au Québec. Selon les documents déposés par TransCanada devant l’Office national de l’énergie, huit sites ont été étudiés. En voici le détail.

1. Saint-Nicolas. Les difficultés de navigation et le manque de profondeur du secteur forceraient les pétroliers à n’être chargés qu’à 25 ou 30%. «Même si ce site offre suffisamment de dégagement sous la quille, il n’a pas été considéré en raison d’importantes restrictions quant à l’utilisation des navires de classe Suezmax et du risque connexe accru d’incidents impliquant des navires», écrit l’entreprise. Éliminé.

2. Lévis-Est. Le site se trouve dans une zone permettant «une navigation sécuritaire». Les quais seraient relativement près de la rive. «Cependant les navires devraient emprunter la Traverse du Nord, avec ses restrictions considérables en matière de navigation et son risque accru d’incident en raison de l’étroitesse de la voie navigable», indique le rapport. Les navires auraient aussi à franchir sur toute sa longueur l’habitat essentiel du béluga. Si la région offre une main-d’œuvre qualifiée, elle comprend aussi de nombreux opposants qui ont, avec succès, empêché l’installation d’un port méthanier. Le maire aurait aussi récemment affirmé son opposition au projet, affirme La Presse. Une école privée se trouverait aussi à moins de 500 mètres du site.

3. Port de Québec. Selon l’analyse de TransCanada, l’installation d’un terminal dans le port «nuirait probablement aux plans d’expansion du port de même qu’au activité actuelles du port», en plus de représenter des défis économiques et d’ingénierie. En outre, à cause de la densité de population, les terminaux pétroliers devraient être construits de l’autre côté du fleuve, forçant la construction d’une conduite supplémentaire. L’analyse du site n’a donc pas été approfondie.

4. Pointe-Saint-Denis. Le site se trouve à 150 m à l’est de Lévis. La faible profondeur en rive, forcerait la construction d’une jetée sur chevalet de 3,3 km. Les mouvements de glace, les risques sismiques et les mauvaises conditions de sol «soulèvent d’importantes préoccupations quant à la possibilité de construire et d’exploiter en toute sécurité un terminal maritime à cet endroit», indique le rapport. Sans parler de la présence de bélugas et d’oiseaux protégés.

5. Île Verte. «Le site procure les conditions nécessaires à la navigation, mais parce qu’il faudrait que le jetée sur chevalet et les quais soient situés à l’extrémité nord de l’île en raison des défis que représente l’accès de l’île à partir de la rive sud du Saint-Laurent, ce site ne fait plus partie des options envisagées», écrit TransCanada.

6. Île du Bic. L’accès à l’île semble complexe celle-ci étant située à 10 km de la terre ferme. «L’exploitation du terminal maritime exigera probablement la mise en place de services maritimes ou aériens pour transporter le personnel appelés à entretenir ou exploiter les quais du terminal», écrit TransCanada. La proximité d’un parc national protégé et la présence de bélugas jouent aussi en défaveur du site qui a été écarté.

7. Baie-des-Sables. Ce village de 600 âmes se trouve à 30 km à l’ouest de Matane et 60 km de Rimouski. Dans ce secteur le fleuve mesure 50 km de large et le trafic maritime est peu achalandé sur cette rive. Comme le site est éloigné de tout grand centre urbain, les installations nécessaires à l’exploitation d’un terminal (remorqueurs, ou intervention d’urgence) sont éloignées. Le choix de ce site nécessiterait en outre de construire une canalisation de 135 km pour rejoindre le tracé du pipeline et d’une jetée renforcée à cause de la vigueur des glaces. Le site a néanmoins été gardé dans le cadre d’un complément d’étude.

8. Bécancour. La Presse mentionne que le site de Bécancour, proche de Trois-Rivières est désormais étudié. Ce site ne figure pourtant pas dans la liste remise par TransCanada à l’Office national de l’énergie. De plus dans l’analyse des sites précédents, l’entreprise albertaine écartait généralement les sites à l’ouest de Lévis pour des raisons de complexité de navigation.

Selon Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace Canada, le choix de Bécancour est peu probable car la zone est plus difficilement navigable et la taille des pétroliers actuellement envisagés (700 000 et 1,1 million de barils) devrait être réduite. «Le site de Baie-des-Sables reste mais les coûts d’opération seront plus élevés et il y aura de la mobilisation», ajoute M. Bonin.

Y a t-il alors d’autres sites qui sont actuellement étudiés? «En ce moment, toutes les options sont sur la table. Au-delà de ça, ce serait de la spéculation de ma part», répond Tim Duboyce, porte-parole de TransCanade.

«L’abandon du projet de port pétrolier à Cacouna aura un impact important sur le tracé du projet, les personnes directement affectées et les expertises pertinentes à faire valoir sur le projet. Il est injuste de maintenir les dates butoirs du processus de participation publique de l’Office national de l’énergie tant que des aspects aussi fondamentaux du projet demeurent dans l’incertitude», selon Karine Péloffy du Centre québécois en droit de l’environnement qui a réitéré sa demande de suspendre le processus de consultation publique de l’ONÉ le temps que le tracé soit connu.

Certains analystes croit désormais que l’entreprise pourrait désormais s’en tenir à la construction d’un seul terminal maritime au Nouveau-Brunswick. En décembre 2014, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré que le Québec devait toucher des retombées économiques et fiscales suffisantes pour que le projet soit bien reçu. Cette acceptation passait par l’installation d’un terminal pétrolier, avait ajouté M. Couillard.

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