Chris Young Chiheb Esseghaier. Chris Young / La Presse Canadienne

TORONTO – Un des deux hommes accusés d’avoir comploté pour faire dérailler un train de passagers entre New York et Toronto avait aussi jonglé avec l’idée de déclencher l’éruption d’un volcan aux États-Unis.

Un agent d’infiltration de la police fédérale américaine (FBI) a soutenu mardi au procès, à Toronto, que Chiheb Esseghaier avait évoqué l’idée de déclencher l’éruption du volcan situé au parc national de Yellowstone, dans le Wyoming.

Selon la taupe du FBI, le doctorant montréalais croyait qu’une éruption volcanique provoquerait une catastrophe nationale chez son «pire ennemi».

Esseghaier, qui est accusé sous divers chefs reliés au terrorisme, aurait parlé «de la mort et la destruction» qu’aurait pu entraîner une telle éruption.

«Ne serait-il pas merveilleux que survienne la pire catastrophe nationale jamais vécue par mes ennemis?», dit Esseghaier, cité par l’agent d’infiltration.

L’étudiant montréalais originaire de la Tunisie avait une «grande passion» pour le volcan de Yellowstone.

Esseghaier a finalement conclu qu’il serait difficile de déclencher une telle éruption volcanique, a raconté l’agent du FBI. L’accusé est alors revenu au projet initial de faire dérailler un train de Via Rail assurant la liaison entre New York et Toronto, en coupant cinq ou six mètres de voies ferrées.

«Non. Nous ne pouvons rien faire pour causer l’éruption. C’est très profond. Je n’ai aucun accès», aurait dit Esseghaier à l’agent.

Au moment de leur arrestation, en avril 2013, Esseghaier, d’origine tunisienne, travaillait à Varennes, en Montérégie, à l’Institut national de la recherche scientifique, alors que Jaser vivait à Markham, en banlieue de Toronto.

Un autre complot rejeté par les deux accusés impliquait de recruter un cuisinier musulman pour empoisonner des soldats sur une base militaire, a indiqué l’avocat de la défense, John Norris, ajoutant que le plan présentait des «lacunes plutôt évidentes».

L’idée de l’attaque contre le train aurait émané du «responsable», un homme qu’Esseghaier avait rencontré en Iran et qui avait apparemment des liens étroits avec des leaders d’Al-Qaïda.

Jaser, 35 ans, d’origine palestinienne, s’inquiétait des difficultés d’attaquer un train. Plutôt, il aurait estimé que des attaques de tireur d’élite sur des cibles de haut niveau représentaient une meilleure avenue, selon ce qui a été dit en cour. Esseghaier l’aurait perçu comme étant un grand parleur, petit faiseur.

Ultimement, Jaser s’est retiré du complot allégué en septembre 2012, puisqu’il craignait qu’une piètre gestion de l’attaque mènerait à leur arrestation et leur emprisonnement, a témoigné l’agent.

La police a arrêté les deux hommes en avril 2013.

Des plaidoyers de non-culpabilité ont été enregistrés pour Esseghaier, qui assure seul sa défense, et Jaser.

Le contre-interrogatoire de l’agent du FBI se poursuit mercredi.

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