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OTTAWA – Un ancien militaire qui a perdu ses deux jambes en Afghanistan et qui devait justifier à chaque année auprès du ministère des Anciens Combattants pourquoi il avait besoin d’un fauteuil roulant a remporté une petite victoire sur l’administration: il devra dorénavant se prêter à l’exercice à tous les trois ans seulement.

Ce changement à la politique a été discrètement annoncé aux Communes par le secrétaire parlementaire du ministre des Anciens Combattants. Pierre Lemieux a aussi informé l’opposition que les vétérans qui sont tenus de produire de telles preuves en vertu du Programme pour l’autonomie des anciens combattants disposeront dorénavant d’un délai de six mois — beaucoup plus que ce qui est prévu actuellement.

Paul Franklin, qui était caporal-chef lorsqu’il a perdu ses deux jambes en 2006 dans l’explosion d’une bombe artisanale placée le long d’une route à Kandahar, se plaint depuis des lourdeurs de la bureaucratie — et de l’obligation de prouver son handicap à chaque année. Il soutient que le ministère de la Défense nationale l’avait très bien traité auparavant, mais que depuis qu’il a quitté l’armée, il y a près de six ans, le ministère des Anciens Combattants lui fait vivre un véritable cauchemar.

Son histoire avait frappé l’imagination dans la classe politique, et le comédien Rick Mercer lui avait même consacré un «coup de gueule» dans son émission satirique à la télévision anglaise de Radio-Canada.

Il a été impossible de joindre M. Franklin, vendredi, pour obtenir ses réactions aux modifications apportées à la politique du ministère.

Au début du mois, dans une entrevue à l’émission «Canada AM», sur les ondes de CTV, il avait estimé que le ministère des Anciens Combattants le traitait — lui et d’autres ex-militaires — comme un tricheur qui veut flouer le système.

Le ministère exigeait de lui qu’il justifie à chaque année son admissibilité aux services de soins à domicile et à des prestations d’invalidité. L’imbroglio est devenu parfois si kafkaïen que son fauteuil roulant lui a été saisi à deux reprises, parce que les deux ministères — Défense nationale et Anciens Combattants — se refilaient mutuellement la facture.

Pierre Lemieux a indiqué aux Communes que le ministre des Anciens Combattants, Erin O’Toole, avait parlé personnellement à l’ex-caporal-chef Franklin.

Le député néo-démocrate John Rafferty a qualifié toute cette affaire d’«incroyable».

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