MONTRÉAL – Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, s’est livré mardi à une sortie en règle à l’endroit de Greenpeace ainsi que les «intellectuels», à qui il reproche de mettre en danger les emplois au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans une vidéo mise en ligne, le maire Tremblay demande aux syndicats et travailleurs de la région de se mobiliser contre le groupe écologiste parce qu’il freine le développement économique.

«Greenpeace, avec leur certification et leurs grandes règles, sont plus intelligents que nos gouvernements, qui sont élus et qui établissent des règles démocratiquement, clame-t-il. Ces gens-là sont en train de nous mener par le bout du nez.»

Sans une mobilisation, M. Tremblay prévient que «ces gens-là vont tout bloquer» et qu’il «n’y aura plus d’emplois dans la région».

«On sait ce que c’est l’environnement et nous avons un très grand respect pour la nature, dit-il. Nous voulons aussi nous développer et que nos travailleurs aient de l’emploi.»

Dans sa vidéo, le maire de Saguenay fait notamment référence à la mine d’apatite d’Arianne Phosphate, à environ 200 kilomètres au nord de la municipalité, ainsi qu’au projet de complexe de liquéfaction de gaz naturel dans la région.

Quelques heures après la sortie du maire Tremblay, une pétition visant à appuyer Greenpeace avait été mise en ligne, où l’on critiquait notamment les propos tenus plus tôt par le maire de Saguenay.

La semaine dernière, Produits forestiers Résolu (TSX:RFP) avait blâmé Greenpeace en annonçant la fermeture d’une machine à papier à son usine d’Alma, une décision qui entraînera le licenciement de 85 travailleurs.

Son président et chef de la direction, Richard Garneau, avait alors reproché à Greenpeace de procéder à des attaques «mal fondées» à l’endroit de la forestière.

Selon lui, ces attaques dénaturent les pratiques de Résolu en plus de remettre en question de manière «injustifiée» la conformité de la société à la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier au Québec.

Au cours de la dernière année, la forestière s’est retrouvée sans certification dans la région du Saguenay ainsi que dans le nord-ouest de l’Ontario, ce qui, selon Greenpeace, a «fragilisé» l’entreprise.

«On a des maires qui se posent des questions dans ce dossier, affirme un porte-parole de Greenpeace, Nicolas Mainville. La sortie du maire Tremblay n’est clairement pas un pas dans la bonne direction. On se trompe clairement de cible.»

En mai 2013 Résolu avait déposé en Ontario une poursuite en diffamation évaluée à 7 millions $ contre Greenpeace, accusant l’organisme de mener des campagnes trompeuses afin de nuire à son image et sa réputation.

Selon Résolu, Greenpeace incitait les clients de Résolu à ne pas acheter ses produits en affirmant que la société ne respectait pas certains principes de développement durable.

M. Mainville a estimé qu’il s’agissait d’une poursuite-bâillon qui a été déposée en Ontario parce qu’une loi les interdit au Québec.

Se disant inquiet pour l’avenir de l’usine de Résolu à Dolbeau, le syndicat Unifor a ajouté son grain de sel en fin d’après-midi, mardi, en demandant une intervention gouvernementale pour dénouer le conflit entre Greenpeace et la forestière.

Le syndicat dit avoir été informé à l’effet que l’organisme écologique tenterait de convaincre d’autres clients de ne plus acheter les produits de Résolu.

«Après Best Buy (et) 3M, où est-ce que ça va s’arrêter? On déplore la manière de faire de Greenpeace qui profite d’une situation extrêmement complexe pour emmêler l’opinion publique», a dit le directeur adjoint d’Unifor, Renaud Gagné.

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