MONTRÉAL – La réforme majeure de la fiscalité proposée par le rapport Godbout suscite un vent d’inquiétude dans le milieu syndical.

À la FTQ, le président Daniel Boyer incite vivement le gouvernement Couillard à soumettre d’abord ces propositions à la population pour consultation, puisqu’il s’agit d’un «changement de cap majeur dans la fiscalité au Québec».

La FTQ prônait l’inverse, à savoir un impôt progressif, avec plus de paliers d’imposition pour les mieux nantis, non pas une augmentation des tarifs et des taxes.

M. Boyer se montre désolé de voir qu’on recommande de baisser les taxes sur la masse salariale des entreprises «sans aucune obligation de leur part». «On aurait peut-être dû les inciter à avoir des projets novateurs, à créer des emplois. Là, c’est une passe gratuite qu’on leur donne», a-t-il critiqué en entrevue.

À la CSQ, la présidente Louise Chabot se dit aussi inquiète pour les mêmes raisons.

De plus, elle craint que le gouvernement ne sélectionne que certaines mesures dans cet équilibre délicat et fausse alors la donne. «C’est un tout cette affaire-là. M. Godbout dit que tout ça est plus équitable, que ça assure une équité de la fiscalité dans sa totalité. Mais ce qu’on peut craindre, c’est que si le gouvernement va piger à la pièce (certaines mesures), il fasse tout tomber le château de cartes», craint la dirigeante syndicale.

Entreprises

Du côté des entreprises, on est plus positif.

Le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, y voit «un excellent rapport dans son ensemble; le rapport est bien calibré», a-t-il résumé en entrevue.

Il applaudit au concept général de diminuer les impôts pour hausser les taxes et tarifs. «On pense, nous, que les impôts élevés découragent le travail des particuliers et découragent l’investissement des entreprises. Des taxes à la consommation encouragent l’épargne, finissent par libérer du capital, qui peut être investi dans l’économie», opine M. Leblanc.

Il ne craint pas que la hausse des taxes ait un effet néfaste sur les dépenses de consommation. «À court terme peut-être, mais une baisse d’impôt laisse plus d’argent dans les poches des gens», objecte M. Leblanc.

À la Fédération des Chambres de commerce du Québec, la présidente Françoise Bertrand y voit «une réforme audacieuse» susceptible d’encourager véritablement la croissance économique.

Le Conseil du patronat du Québec croit que «plusieurs éléments devraient retenir l’attention» du gouvernement dans ce rapport Godbout.

Néanmoins, son président Yves-Thomas Dorval aurait préféré que le mandat de la commission soit de chercher à alléger le fardeau fiscal globalement. Ce qu’il faut faire, «ce n’est pas seulement de regarder comment rendre le système plus efficace, c’est aussi d’alléger, d’amoindrir le fardeau fiscal global des particuliers et des entreprises au Québec pour que le Québec soit plus concurrentiel», a-t-il opiné en entrevue.

Parmi les mesures qu’il juge intéressantes, il souligne la réduction globale de l’impôt sur le revenu et la bonification du crédit d’impôt pour le multimédia. Et parmi les mesures qu’il juge négatives, il cite l’abolition de l’aspect remboursable des crédits d’impôt à la recherche et au développement pour les grandes entreprises.

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