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TORONTO – L’épidémie d’Ebola a réussi à faire tant de ravages en Afrique de l’Ouest parce que les organismes internationaux n’ont pas su répondre à la crise assez rapidement et efficacement, selon une nouvelle étude de Médecins sans frontières (MSF).

Certains observateurs avaient avancé que l’éclosion «catastrophique» avait été accélérée par les frontières poreuses entre les trois pays les plus touchés — la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria — et la fragilité de leur système de santé. Les professionnels de la santé étaient aussi démunis devant un virus qu’ils ne connaissaient presque pas.

Mais cela ne suffit pas, selon l’analyse de MSF. Son directeur général Christopher Stokes a expliqué que plusieurs institutions avaient «échoué» dans leur mission, entraînant des «conséquences tragiques et évitables».

Par exemple, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) aurait «sous-estimé» la menace que posait l’épidémie alors que MSF l’avait prévenue de la situation potentiellement dangereuse en Afrique de l’Ouest.

L’Associated Press rapportait la semaine dernière que l’OMS avait songé à déclarer l’Ebola comme une urgence de santé publique internationale déjà au mois de juin, mais elle a attendu au mois d’août pour le faire.

Selon les courriels des dirigeants consultés par l’AP, l’organisation s’inquiétait de la réaction des pays touchés qui auraient pu, par panique, empêcher leurs citoyens musulmans de voyager pour participer au pèlerinage annuel à la Mecque. Ils s’inquiétaient aussi des conséquences économiques qui pourraient découler d’une telle décision.

Or, l’OMS n’est pas la seule organisation responsable, selon le MSF. C’est le système d’aide humanitaire dans son intégralité qui a montré ses limites. MSF s’était établi dans les trois pays de l’Afrique de l’Ouest, où l’organisme a vu la crise se préparer dans le désintérêt total de la communauté internationale et des autres organisations.

«Nous ne savions plus quoi dire pour que le monde se réveille et comprenne comment l’épidémie était devenue hors de contrôle», a indiqué le docteur Bart Janssens, directeur des opérations à MSF.

Médecins sans frontières a critiqué aussi sa propre gestion de la crise, notamment quant à son équipe de médecins spécialisés sur l’Ebola, formée de seulement 40 membres. MSF a aussi remis en question sa stratégie de communications en Guinée qui aurait pu être plus efficace au début de l’éclosion.

Depuis le début de la crise, près de 25 000 personnes ont contracté le virus Ebola et au moins 10 000 en sont mortes.

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