MONTRÉAL – La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, a laissé entendre mardi à Québec que la sortie de prison du fils de Maurice «Mom» Boucher, Francis, n’est pas le résultat d’une erreur mais bien une évasion planifiée.

«Il semblerait qu’il y ait eu stratagème, a déclaré Mme Thériault à l’Assemblée nationale. On va attendre de voir les enquêtes de police. On aura des vrais faits à vous soumettre plutôt que des ‘peut-être que’.»

Francis Boucher a été libéré de la prison de Bordeaux vers 11h00 lundi, alors qu’il lui restait 60 jours à purger derrière les barreaux.

Une enquête de la Sûreté du Québec et une autre enquête, interne, de l’administration du centre de détention, ont été instituées.

Un porte-parole de la CSN, qui représente les agents de la paix en service correctionnel, a par ailleurs confirmé à La Presse Canadienne qu’au moins un de ses membres est dans la mire des autorités.

«Il y a un agent qui a été relevé provisoirement de ses fonctions avec solde, le temps de l’enquête (administrative interne)», a indiqué Thierry Larivière.

Francis Boucher, 39 ans, qui se trouve donc en liberté illégale, pourrait se trouver dans la région de Montréal et fait l’objet d’intenses recherches par la Sûreté du Québec.

Lise Thériault, qui avait manifesté un vif mécontentement par voie de communiqué en soirée lundi, a fait état de sentiments similaires mardi.

«Quand les gens entrent dans les centres de détention, on s’attend à ce qu’ils sortent lorsque les temps sont complétés, carrément. Le fait qu’il y ait eu soit une erreur, soit un stratagème qui ait été utilisé pour que M. Boucher puisse se retrouver en liberté illégale, c’est inadmissible», a laissé tomber la ministre.

Francis Boucher avait été arrêté en décembre dernier pour avoir proféré des menaces envers des policiers. Il a notamment été accusé de menaces de mort envers les policiers.

La ministre de la Sécurité publique a affirmé être bien au courant de la situation et avoir reçu les détails pertinents. Lors de l’évasion en hélicoptère de trois détenus, l’été dernier à la prison d’Orsainville, d’importantes lacunes de communication entre la ministre Thériault et les autorités carcérales avaient semé la confusion au sein des autorités.

«C’est très différent. On ne peut pas comparer la dernière fois avec ce qui s’est passé présentement», a assuré la ministre, tout en précisant qu’elle ne dévoilerait pas de détails pendant que l’enquête de la SQ était en cours et que sa préoccupation première était ailleurs pour l’instant.

«M. Boucher est en liberté illégale. (…) Il est dans les rues présentement; donc vous comprendrez que la priorité numéro un, c’est que les forces policières puissent mettre la main au collet de M. Boucher et le ramener au centre de détention», a dit Mme Thériault.

Elle a par ailleurs précisé que le ministère de la Sécurité publique envisageait de nouvelles mesures pour la gestion des entrées et sorties des établissements carcéraux.

«Nous envisageons différents scénarios, dont les empreintes biométriques pour être capables de contrôler les gens», a-t-elle lancé en chambre lors de la période de questions.

Le porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé, estime que cette affaire soulève de nouvelles questions.

«Comment le fils d’un des criminels les plus célèbres au Québec, qui est connu de tout le monde dans le monde carcéral, je peux vous le garantir, peut aussi facilement quitter un établissement de détention?», s’est interrogé le député péquiste, faisant valoir qu’une mécanique complexe entourait la procédure de remise en liberté d’un prisonnier.

Il a cependant loué la célérité avec laquelle la ministre a réagi: «Je félicite la ministre d’être sortie beaucoup plus rapidement cette fois. Elle a appris.»

En contrepartie, il invite la ministre Thériault à appeler les choses par leur nom.

«Est-ce qu’on est en présence d’une succession de coïncidences ou de personnes qui auraient pu collaborer à l’intérieur pour permettre l’évasion? Parce que c’est une évasion — la ministre ne le dit pas, (mais) c’est l’évasion de Francis Boucher d’un centre de détention», a tranché M. Bérubé.

Francis Boucher, un ancien membre des Rockers, la défunte filiale des Hells Angels, avait déjà été condamné à dix ans de prison pour gangstérisme, complot pour meurtre et trafic de stupéfiants dans le cadre de l’opération «Printemps 2001».

Depuis, il a eu plusieurs autres démêlés avec la justice.

Francis Boucher mesure 1,80 mètre et pèse environ 75 kg. Il a les yeux pers et les cheveux poivre et sel. La SQ demande aux gens qui se trouveraient sur son chemin de communiquer immédiatement au 911.

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