Jacques Boissinot Michelle Courchesne, Jean Charest, Jacques Chagnon. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

Le premier ministre Jean Charest annonce que le gouvernement déposera une loi spéciale qui aurait pour effet de suspendre les sessions des collèges et des universités actuellement en grève jusqu’en août, à moins que des ententes n’interviennent dans les établissements.

M. Charest en a présenté les grandes lignes mercredi soir, aux côtés notamment de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, quelques heures après une réunion du conseil des ministres à Québec. Le projet de loi sur la loi spéciale sera soumis “bientôt” à l’Assemblée nationale.

Le gouvernement dit vouloir favoriser le droit de tous les étudiants qui le désirent à suivre leurs cours, et souhaiter avant tout “rétablir la paix sociale souhaitée par la population du Québec”. La loi doit proposer une modification à la loi provinciale sur le régime pédagogique, qui prévoit qu’une session doit comporter 82 jours.

Plus tôt dans la journée, la ministre Courchesne avait déclaré ne pas avoir perçu la moindre volonté de compromis lors de sa rencontre la veille avec les leaders étudiants. Au contraire, elle disait avoir remarqué un “durcissement” de leurs revendications. Il y a à peine 48 heures, Line Beauchamp démissionnait de son poste de ministre de l’Éducation, disant ne plus faire partie de la solution après plus de trois mois de conflit.

Le mouvement contre la hausse des droits de scolarité, qui en est à sa 14e semaine, fait l’objet ces derniers temps d’injonctions par des étudiants qui veulent reprendre les cours. Mais plus souvent qu’autrement, celles-ci ne sont pas respectées et donnent lieu à des confrontations entre étudiants en faveur de la grève et policiers aux portes des cégeps et universités. Bon nombre de votes en faveur de la reconduite de la grève ont été menés ces dernières semaines.

Le gouvernement a acheté des publicités dans les journaux de jeudi pour expliquer sa position. Il fait valoir certaines mesures déjà proposées pour régler le conflit, notamment l’augmentation des bourses et un remboursement du prêt étudiant proportionnel au revenu. La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) avait mis en garde le gouvernement dans la journée qu’une loi spéciale “envenimerait” la situation et compromettrait encore davantage la paix sociale.

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