Jacques Boissinot Stephen Harper. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

SAINT-APOLLINAIRE, Qc – Le premier ministre Stephen Harper a applaudi vendredi la décision majoritaire de la Cour suprême autorisant la destruction des données québécoises du registre des armes d’épaule.

Les renseignements concernant quelque 1,6 million d’armes d’épaule seront supprimés «incessamment», a pour sa part indiqué le ministre fédéral de la Sécurité publique, Steven Blaney, quelques heures après l’annonce de la décision.

De passage à Saint-Apollinaire, sur la rive sud de Québec _ pour l’inauguration d’un centre multifonctionnel _ M. Harper a salué l’aboutissement en sa faveur de la saga juridique entourant ce dossier.

Le chef du gouvernement conservateur a cru bon de rappeler que le jugement du plus haut tribunal du pays confirme celui rendu précédemment par la Cour d’appel du Québec.

«Évidemment, je suis heureux que la Cour suprême ait maintenu notre décision, je note que la Cour suprême a maintenu aussi une décision précédente, unanime de la Cour d’appel du Québec, a dit M. Harper. Notre position est claire depuis longtemps et nous allons respecter notre promesse.»

En point de presse, M. Harper a fait valoir que l’abolition du registre d’armes d’épaule était un engagement politique formel pris envers l’ensemble des régions du pays, y compris les régions du Québec.

«Nous avons fait une promesse envers la population des régions, non seulement hors Québec mais au Québec aussi. C’est une position appuyée par des groupes dans les régions comme la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs du Québec», a-t-il soulevé.

Quoi qu’en pensent le gouvernement du Québec et l’ensemble de la classe politique québécoise, le contrôle des armes à feu au pays est suffisant et ne requiert pas un registre des armes d’épaule, a insisté le premier ministre du Canada.

«Nous avons les permis, c’est-à-dire l’enregistrement des propriétaires d’armes à feu, nous avons un registre des armes de poing, nous avons un registre des armes à autorisation restreinte, nous avons déjà beaucoup de contrôle. Il n’est pas nécessaire à notre avis d’avoir un autre registre, inefficace et inutile», a-t-il argué.

M. Harper est d’avis qu’il vaut mieux maintenir les mesures actuelles de contrôle et accroître la répression contre le crime en infligeant «des peines sévères et appropriées pour des actes criminels commis avec des armes à feu».

Le premier ministre a dit respecter la volonté du gouvernement du Québec de faire cavalier seul et de créer son propre registre, mais il demeure convaincu que les millions de dollars qui devront être investis dans l’initiative seront dépensés en pure perte.

«Le gouvernement du Québec a sa propre compétence, ses capacités de prendre ses propres décisions et je respecte cette réalité, a souligné M. Harper. Évidemment, notre expérience à Ottawa (a montré) qu’un tel registre n’est pas nécessaire, inutile et inefficace, mais c’est au gouvernement du Québec de prendre ses décisions.»

Présent aux côtés du premier ministre avec ses collègues Jacques Gourde et Denis Lebel, le ministre de la Sécurité publique a déclaré que les données du registre n’auraient été d’aucune utilité pour les corps policiers. Les renseignements étaient devenus obsolètes et incomplets, a-t-il dit.

«Les données en question n’ont pas été mises à jour depuis plus d’une décennie et déjà à l’époque, la Vérificatrice générale du Canada avait statué que ces données étaient incomplètes et erronées, a dit M. Blaney. Alors évidemment, il serait hasardeux pour des corps policiers de baser leurs opérations sur des données incomplètes.»

Le gouvernement va «prendre connaissance de la décision» du tribunal et les données du registre seront supprimées «incessamment», a précisé le ministre.

M. Blaney ne croit pas que la décision de la Cour suprême créera de nouvelles tensions entre le Québec et le reste du Canada. Les Québécois avaient des avis partagés sur la question comme le démontre, selon lui, la position de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs.

«Ils appuient des mesures efficaces pour assurer la sécurité du public sans ostraciser les chasseurs», a-t-il soutenu.

Plutôt que d’«ostraciser» les chasseurs, le Canada a choisi de mieux lutter contre le crime, a voulu faire comprendre M. Blaney.

Parmi les mesures avancées par le ministre figurent la formation obligatoire pour toute personne désirant acquérir une arme à feu, le retrait du permis de possession aux individus reconnus coupables de violence conjugale et le resserrement des critères entourant l’importation des armes.

«Notre gouvernement est celui qui a mis le plus de mesures en place pour assurer un contrôle sévère des armes à feu et sévir contre les personnes qui commettent des crimes avec des armes à feu avec de nombreuses sentences et de nombreuses mesures juridiques. Nous allons continuer dans ce sens-là», a-t-il affirmé.

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