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MONTRÉAL – Faute d’un terminal pétrolier au Québec, les retombées économiques du projet d’oléoduc Énergie Est de TransCanada (TSX:TRP) s’annoncent minimes pour la province, déplorent les deux principaux partis d’opposition.

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) se sont inquiétés mercredi de voir le Québec prendre d’importants risques environnementaux alors que les emplois seraient créés au Nouveau-Brunswick.

«Sur une échelle de zéro à 10, avec le port de Cacouna, les retombées étaient à peu près à un. Mais là, sans port, les retombées économiques tombent à zéro», a estimé le député péquiste Sylvain Gaudreault, accompagné de son collègue Bernard Drainville.

D’après La Presse, TransCanada aurait abandonné son intention de construire un terminal pétrolier au Québec pour acheminer directement le pétrole en provenance des sables bitumineux vers Saint-Jean, en passant sur le territoire québécois.

L’entreprise demanderait par ailleurs un délai supplémentaire de deux mois pour présenter le tracé final de son oléoduc de quelque 4600 kilomètres devant transporter quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole.

La société pétrolière avait suspendu ses travaux de port maritime à Cacouna en raison de la présence de bélugas. Elle aurait envisagé trois autres sites: Bécancour, Lévis ou Baie-des-Sables, dans le Bas-Saint-Laurent.

«On va subir les risques du tuyau, mais les retombées et les employés vont être du côté des Maritimes, a déploré le chef caquiste François Legault. Je comprends qu’il faille respecter l’environnement, mais il faut surtout aller chercher le maximum de retombées.»

TransCanada n’a pas voulu confirmer quoi que ce soit à La Presse Canadienne mercredi. Elle devait rendre sa décision avant le 31 mars, mais tout indique que l’entreprise patientera encore un peu avant de confirmer ses intentions.

En point de presse, M. Legault a reproché au premier ministre Philippe Couillard de «manquer de leadership», puisqu’à son avis, ce dernier aurait dû s’asseoir avec TransCanada pour déterminer un autre site pouvant accueillir un port pétrolier.

Cette situation a incité le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, à écrire au président de l’Office national de l’énergie (ONÉ), Peter Watson, pour lui demander de repousser le début des audiences sur Énergie Est prévues à l’automne.

«Je tenais à souligner notre préoccupation concernant la poursuite de l’examen du projet par l’ONÉ, notamment dans le contexte où la documentation (…) qui a déjà été déposée par le promoteur auprès de votre organisation ne serait plus à jour», écrit-il.

M. Arcand ajoute qu’un report des audiences de l’organisme fédéral pourrait contribuer à «diminuer» l’incertitude entourant le projet de TransCanada.

Dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le ministre des Ressources naturelles a affirmé ne pas avoir obtenu le tracé final de l’oléoduc Énergie Est, ce qui empêche le gouvernement Couillard de prendre position dans le dossier.

Pour le PQ, Québec devrait profiter de la situation actuelle pour soumettre le projet de TransCanada à un Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

«Le ministre (Arcand) n’a plus le choix, a lancé M. Gaudreault. Il doit réclamer rapidement un nouvel avis de projet de la part de la compagnie pour lancer sans délai le BAPE. En Ontario, (…) ça fait déjà un an qu’ils travaillent, eux autres, sur le tuyau.»

TransCanada estimait que la mouture initiale du projet devait permettre au gouvernement du Québec de toucher des recettes fiscales de plus de 2 milliards $ en combinant les phases de conception et de construction ainsi que celle d’exploitation de l’oléoduc.

Sans port pétrolier, les retombées pourraient être moindres. Plus de 150 municipalités qui verront l’oléoduc passer sur leur territoire pourront engranger des revenus de taxes foncières.

L’abandon du projet de port pétrolier a été accueilli favorablement par Greenpeace, qui estime que cette situation démontre que le projet Énergie Est ne pourrait répondre aux critères d’une évaluation rigoureuse.

«Les menaces pour l’environnement, les communautés, l’eau potable et l’aggravation de la crise climatique liées au pipeline ne disparaîtront pas même si TransCanada abandonne son projet de port au Québec, a estimé son porte-parole, Patrick Bonin. Plus les gens sont informés sur ce projet, plus ils s’y opposent.»

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