Darren Calabrese Jian Ghomeshi. Darren Calabrese / La Presse Canadienne

TORONTO – Un rapport accablant détaillant les impairs de la direction de CBC dans la gestion des présumés comportements inappropriés de son ancien animateur de radio vedette Jian Ghomeshi renforce la nécessité de mettre en place des mécanismes visant à assurer un environnement de travail sûr, entre autres en permettant aux employés d’exprimer librement leurs préoccupations, selon des experts.

Le coup de sonde effectué par l’enquêtrice indépendante Janice Rubin a permis de déterminer que plusieurs des allégations visant M. Ghomeshi sont d’abord restées impunies. La plupart de ces allégations n’étaient aucunement de nature sexuelle et concernaient des retards chroniques ainsi que son attitude «changeante et capricieuse» et «critique et méchante» envers ses collègues.

Janice Rubin estime que les gestionnaires qui travaillaient avec l’ancien animateur de «Q» ont omis d’enquêter sur les comportements de ce dernier et de prendre les moyens pour qu’ils cessent. Les actions qui ont été prises sont décrites dans son rapport comme étant «inefficaces, occasionnelles et inconséquentes».

Des constats qui font dire à l’avocate spécialisée en droit du travail Catherine Milne, de la firme torontoise Turnpenney Milne LLP, qu’une des principales leçons que les services de ressources humaines devraient retenir de cette affaire est l’importance d’adopter une attitude plus proactive en ce qui concerne la résolution de problèmes soulevés dans un milieu de travail.

Me Milne souligne que les employés qui ne se sentent pas à l’aise de dénoncer une situation le sont probablement parce qu’il règne une «culture de la peur» au sein de leur organisation.

Dans son rapport, Janice Rubin note n’avoir trouvé aucune preuve d’une plainte formelle contre Jian Ghomeshi conformément aux règles de CBC. Elle y précise que «l’impuissance» des gens travaillant avec lui ne saurait être sous-estimée et cite le manque de confiance dans le processus comme l’une des raisons expliquant la réticence des employés à porter plainte.

De son côté, Cissy Pau, consultante principale de la firme vancouveroise Clear HR Consulting, rappelle aux employeurs qu’ils doivent porter attention au message qu’ils communiquent à leurs employés concernant les comportements acceptables dans leur milieu de travail, et que les échelons supérieurs doivent donner l’exemple.

Dispenser de la formation, des conseils et des explications sur la suite des choses quand un problème est soulevé dans un milieu de travail est aussi fondamental, fait valoir Mme Pau. Les employés doivent également être informés des autres recours possibles s’ils ne reçoivent pas de réponse à leur plainte.

Les avocats de Jian Ghomeshi, invités à commenté les allégations contenues dans le rapport de Janice Rubin, n’ont pas rappelé La Presse Canadienne.

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