Jacques Boissinot Philippe Couillard. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard dit vouloir «interpeller» le gouvernement fédéral au sujet du chantier maritime Davie, mais ne veut pas passer de commande politique afin que l’entreprise de Lévis obtienne le contrat de deux navires ravitailleurs de la marine canadienne.

Il s’agirait du dossier suivi «le plus près actuellement» par le gouvernement libéral, a même dit M. Couillard, mercredi.

Mais il n’est pas question de demander un engagement ferme de la part du fédéral. Il s’agit plutôt de faire des représentations, a-t-il dit, et non pas de faire de l’ingérence politique dans le processus d’attribution des contrats.

«Bien sûr, il y a des processus à suivre d’octroi de contrats, il n’est pas question de faire autre chose que ça», a précisé le premier ministre aux journalistes.

«Faisons attention, ne glissons pas vers une demande politique d’intervenir dans le processus d’octroi de contrat. On recommencera pas ce débat-là», a-t-il ajouté.

Il n’a toutefois pas précisé quelle forme allait prendre ses «représentations» futures. «Nous en avons déjà faites», a-t-il toutefois assuré.

Par contre, M. Couillard incite les députés fédéraux québécois — notamment les ministres conservateurs du Québec — à faire pareilles représentations. Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, est d’ailleurs le député fédéral de la circonscription de Lévis où se trouve le chantier maritime.

C’est le premier ministre Couillard qui a lui-même soulevé le sujet du chantier maritime en Chambre, en réponse à une question du Parti québécois sur le budget fédéral déposé la veille.

M. Couillard a noté dans sa liste de déceptions relativement au plan budgétaire que si la défense nationale bénéficie d’une augmentation de trois pour cent de son budget, il n’y a aucune précision sur les retombées économiques pour les régions, notamment pour le Québec.

Il a précisé que le chantier Davie vient d’être sacré par la Lloyd’s de chantier maritime de l’année en Amérique du Nord et qu’il est en lice pour l’octroi du contrat de navires ravitailleurs.

Le Parti québécois a rétorqué en accusant le premier ministre de manquer de vigueur dans ses demandes au gouvernement fédéral.

«On peut y aller un petit peu plus fort. Puis de le dire ici, mais d’aller à Ottawa, ça ne serait pas mauvais, de temps en temps, aller leur dire», lui a lancé le chef du Parti québécois, Stéphane Bédard.

Quant au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, il trouve que le premier ministre a mis beaucoup de temps avant de se réveiller et d’agir en faveur de la Davie. Il juge ses efforts insuffisants.

En 2011, alors que le chantier Davie vivait des difficultés financières, il avait été écarté par Ottawa lors de l’attribution de lucratifs contrats de vaisseaux civils en faveur des chantiers de Halifax et de Vancouver.

Le processus décisionnel qui avait conduit au choix d’Irving et de Vancouver Shipyards avait été mené par une équipe de fonctionnaires issus de plusieurs ministères fédéraux, une méthode mise en place par le gouvernement fédéral pour éviter de se faire accuser de politiser l’octroi de contrats.

À l’époque, le gouvernement libéral de Jean Charest avait réagi avec colère lorsque la Davie avait été laissée pour compte.

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