MONTRÉAL – Amir Khadir s’est dit inquiet du sort réservé au militant étudiant Hamza Babou.

Le député de Québec solidaire a rappelé en point de presse, en compagnie de l’expert en droit constitutionnel Julius Grey, dimanche avant-midi, que ce jeune homme avait été arrêté pour son implication dans les récents troubles survenus à l’Université du Québec à Montréal.

Plus tard, au cours d’une entrevue à La Presse Canadienne, le représentant de la circonscription de Mercier à l’Assemblée nationale a dénoncé le fait que le prévenu soit toujours détenu sans possibilité de libération sous caution.Aux yeux de cet élu, il s’agit là d’une «grave atteinte aux droits de l’individu».

Il a poursuivi en disant que «dans notre système de justice, en principe,tout accusé est réputé innocent jusqu’à ce qu’il soit condamné en cour, raison pour laquelle on ne refuse presque jamais […] une libération conditionnelle».

Selon Amir Khadir, Hamza Babou est victime d’«une répression injustifiée» alors que «le système démocratique [devrait plutôt] s’employer, avec la plus grande obsession, à préserver le droit à la dissidence politique».

M. Babou fait face à 14 chefs d’accusation dont voies de fait, agression armée, méfait et menace, en lien avec des levées de cours houleuses survenues le 15 avril dans le pavillon J.-A.-DeSève.

Le député de Mercier a souligné que selon les juristes qu’il a consultés, «aucun de ces éléments ne devrait nécessiter qu’on le détienne».

«L’institution de la justice se trouve sur un terrain glissant où, de manière expéditive, on s’abat sur la contestation politique alors que, de l’autre côté, on voit à quel point on est soucieux du détail, de la rigueur et du respect des droits […] quand il s’agit des bandits à cravate. Cette approche des deux poids, deux mesures est une atteinte très grave à la crédibilité du système», a-t-il conclu.

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