Fred Thornhill Del Mastro. Fred Thornhill / La Presse Canadienne

LINDSAY, Ont. – Dean Del Mastro a dû réprimer ses sanglots alors qu’il comparaissait devant un tribunal ontarien, mardi, et qu’il décrivait «la condamnation nationale» dont il fait l’objet depuis le début des procédures judiciaires le visant.

L’ancien député conservateur, qui a été reconnu coupable d’avoir violé la Loi électorale du Canada l’automne dernier, a prononcé un laïus émotif durant son audience de détermination de la peine.

«Certains seraient sans doute favorables à une lapidation sur la place publique», a-t-il dit devant la juge Lisa Cameron qui devra décider de son sort.

L’ex-élu a ensuite ajouté qu’il espérait qu’elle prendrait en considération «les importantes conséquences» auxquelles il a déjà dû faire face au moment de prendre sa décision.

«(Cette affaire) a eu des impacts sur tous les aspects de ma vie, sur mes finances, sur ma condition physique, sur mon état émotionnel», a-t-il énuméré.

«Elle a également diminué considérablement mes perspectives d’avenir», a-t-il souligné.

S’il a beaucoup insisté sur le respect qu’il vouait à la cour, il n’a toutefois pas exprimé de regrets ou formulé d’excuses.

L’avocat le représentant a affirmé qu’il ne devrait pas avoir droit à une punition plus sévère qu’une amende.

Leo Adler a soutenu que son client n’avait jamais été accusé d’avoir commis des actes de corruption, mais qu’il avait plutôt été blâmé pour avoir dépensé excessivement durant la campagne électorale de 2008, ce qui ne devrait pas lui valoir de se retrouver derrière les barreaux.

Les arguments de Me Adler ont aussi été présentés lors de l’audience de détermination de la peine de l’ancien politicien qui, à une autre époque, a été l’homme de confiance du premier ministre Stephen Harper quand venait le temps de rétorquer aux allégations de fraude électorale visant les conservateurs.

Les procureurs de la Couronne ont pour leur part indiqué que Dean Del Mastro devrait être incarcéré pour une période variant de neuf à douze mois, en faisant valoir qu’une peine d’emprisonnement s’imposait vu la gravité des faits qui lui sont reprochés.

Ce dernier a été reconnu coupable d’avoir excédé les limites de dépenses autorisées, de ne pas avoir rapporté une contribution personnelle de 21 000 $ versée à sa propre campagne et d’avoir soumis volontairement un document falsifié.

Au maximum, il pourrait écoper d’une peine d’un an de prison et recevoir une amende de 2000 $ pour chacun de ces gestes.

Dean Del Mastro avait quitté son siège aux Communes dans la foulée de cette affaire mais il a toujours clamé son innocence.

Son avocat a spécifié qu’il avait renoncé à être député «pour le bien de la communauté».

«Quand on considère le bagage, la conduite exemplaire et la disgrâce (de mon client), il est clair que sa réhabilitation et l’enjeu de la dissuasion n’ont pas besoin de se retrouver à l’avant-plan», a-t-il martelé.

De leur côté, les procureurs de la Couronne ont livré un tout autre message en expliquant que l’ex-élu ne semblait pas comprendre à quel point les gestes qu’il avait posés étaient graves.

Ils ont également mentionné que Dean Del Mastro avait toujours refusé de reconnaître le bien-fondé du verdict rendu dans le cadre de son procès.

Sa peine devrait être prononcée le 26 juin.

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