Adrian Wyld/The Canadian Press Thomas Mulcair

OTTAWA – L’élection d’un gouvernement néo-démocrate en Alberta donne des ailes aux troupes de Thomas Mulcair et des mines grises à celles de Stephen Harper.

Si bien que dans une réunion de caucus on chantait et on dansait, mercredi matin, alors que dans la salle d’en face, l’atmosphère était celle d’une «morgue».

Plusieurs néo-démocrates veulent lire dans les résultats de mardi une prédiction pour les élections fédérales d’octobre.

L’Ontarien Craig Scott est sans doute le plus enthousiaste. «Je n’ai qu’un mot à vous dire: octobre!», a-t-il lancé en mettant les pieds au parlement mercredi matin. «C’est plus que possible qu’en octobre on va voir un gouvernement NPD ici à Ottawa», a ajouté le député.

À l’intérieur de la salle de caucus néo-démocrate on a d’ailleurs scandé le mot «octobre», on a tapé des mains, même joué de la guitare et dansé. Le tout sous les yeux des journalistes et des caméras, exceptionnellement invités à assister aux premières minutes de cette réunion hebdomadaire.

«Ils ont dit que le NPD ne pourrait jamais percer au Québec. Ils ont dit que le NPD ne pourrait jamais gagner en Alberta. Les Canadiens veulent du changement et le changement, c’est avec le NPD», a lancé Thomas Mulcair dans un court discours avant que ses députés ne se mettent à chanter et danser.

«C’était plus comme une morgue», a confié le ministre de la Justice, Peter MacKay, en ricanant, comparant sa réunion à la liesse observée de l’autre côté du corridor.

Cette candeur n’était pas partagée par la majorité de ses collègues.

Les élus conservateurs, à une exception près, ont cherché à se distancer de la catastrophe conservatrice albertaine.

«Ce n’est pas ma province», a souligné la ministre du Transport, Lisa Raitt, une Ontarienne, avant de s’engouffrer dans sa réunion.

Ses collègues plus loquaces ont tenu à laisser tout le blâme à Jim Prentice, ex-ministre fédéral conservateur, qui a mené les conservateurs albertains vers le gouffre.

«Nous, nous venons d’équilibrer notre budget. Nous avons des crédits d’impôt pour les familles. Ce n’est pas ce que les progressistes conservateurs (albertains) ont fait. Nous sommes deux partis différents», a insisté le député John Barlow.

Lui et tous ses collègues albertains s’étaient réunis mardi soir pour regarder les résultats des élections qui ont vu le NPD remporter 53 sièges alors que les conservateurs se retrouvaient derrière le Wild Rose.

Deepak Obhrai était à cette soirée. Il est l’exception conservatrice.

«Dans les élections passées, et j’en ai eu six déjà, je n’avais pas de compétition de la part du candidat du NPD. Maintenant, je peux m’attendre à de la compétition», a prédit M. Obhrai à sa sortie de caucus.

Son comté fédéral est maintenant représenté par quatre députés provinciaux néo-démocrates. «Ça m’a jeté à terre parce que j’ai fait du porte à porte et je n’ai pas vu ça aux portes. (…) Tous les députés fédéraux doivent réévaluer leur situation», a-t-il tranché.

Un peu à l’écart de tout ça, le chef libéral Justin Trudeau a tenté de tirer une leçon qui lui serait profitable. Un seul député libéral a été élu en Alberta, une province qui n’a jamais été tendre avec les libéraux.

«Je pense que ça souligne qu’il y a un appétit pour le changement à travers le pays, mais aussi qu’aucun parti politique ne peut prendre les électeurs pour acquis», s’est contenté de dire M. Trudeau.

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